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| Des chercheurs d’eau à Alasora. |
Les quartiers situés aux extrémités du réseau de distribution de la Jirama connaissent d’importantes difficultés d’approvisionnement en eau. À Alasora, la commune rurale tire la sonnette d’alarme. « Cela fait maintenant un mois et demi que l’eau ne coule plus aux robinets, même la nuit, alors qu’il était encore possible d’en recueillir auparavant. De plus, les distributions par camions-citernes se font de plus en plus rares », déplorait-elle hier.
Pour les abonnés de la Jirama, s’approvisionner relève du parcours du combattant. « Nous devons acheter de l’eau auprès des foyers qui en disposent encore, à 500 ariary le bidon de 20 litres. C’est très cher pour nous. Nous limitons donc nos achats à huit bidons par jour, contre une consommation habituelle de quatorze », témoigne Davy Rafitoarisoa, un habitant d’Alasora. Les prix varient selon les secteurs : la commune rapporte que le bidon jaune de 20 litres se vend entre 1 000 et 2 500 ariary.
La Jirama reconnaît que sept des vingt et un fokontany d’Alasora sont touchés. « Certains habitants subissent des coupures quotidiennes, tandis que d’autres sont totalement privés d’eau», indique la compagnie.
Distributions gratuites
Les quartiers situés en bout de réseau et en hauteur sont particulièrement vulnérables en cette période d’étiage. La saison sèche et les fortes chaleurs accentuent les difficultés : la demande augmente alors que la production d’eau à Antananarivo affiche un déficit chronique de 100 000 m³ par jour.
Pour répondre à l’urgence, la Jirama indique assurer des distributions gratuites d’eau par camions-citernes. Plusieurs projets sont également annoncés pour améliorer durablement l’approvisionnement. Ils comprennent l’installation d’un surpresseur à Alasora Androka, en partenariat avec la présidence de la République et le ministère de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, ainsi que la construction d’une station de production à Ankadindratombo, financée par la Banque mondiale dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable (PAAEP). S’y ajoutent l’aménagement d’une station de pompage à Mandroseza et la création d’une station de production d’eau à Amoronakona, dans le cadre du programme Jirama Water III.
Malgré ces difficultés, des habitants de plusieurs quartiers régulièrement touchés par les pénuries constatent une nette amélioration par rapport aux années précédentes. La production de la Jirama a augmenté cette année, sans toutefois suffire à couvrir les besoins.
Miangaly Ralitera
