Des restrictions de circulation nocturne sont appliquées dans des fokontany d’Antananarivo-ville. Ces mesures ont été prises face à la résurgence de l’insécurité.
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| Des soldats en patrouille nocturne dans les rues d’Antananarivo, la semaine dernière. |
Plusieurs quartiers d’Antananarivo retrouvent une certaine quiétude nocturne après l’instauration de couvre-feux par les fokontany. À Antohomadinika Sud, le chef de quartier, Jimmy Christian Ravelomanana, a fait placarder des avis interdisant toute circulation entre 22 heures et 4 heures du matin.
À proximité, aux 67 Ha Nord-Est, la mesure est encore plus stricte : la circulation des personnes est interdite de 21 heures à 5 heures du matin, selon le chef de fokontany, Malala R. « Cette mesure est appliquée depuis le début des affaires de disparitions inquiétantes », a indiqué hier le chef du fokontany d’Antohomadinika Sud.
Patrouilles
Il ne s’agit pas d’une règle générale. La préfecture de police d’Antananarivo n’a pas pris de décision instaurant un couvre-feu. « C’est une organisation au niveau de chaque fokontany pour assurer la sécurité », note une source auprès de la préfecture de police.
Mais, même en l’absence de couvre-feu officiel, des restrictions informelles de circulation sont appliquées dans plusieurs fokontany. Des policiers et des membres des comités de sécurité communautaire patrouillent conjointement la nuit et procèdent à la fermeture des bars à 21 heures.
Lors de ces rondes, toute personne incapable de présenter une carte d’identité nationale (CIN) fait l’objet d’un contrôle.
« Si sa situation reste floue, elle est retenue au poste jusqu’au lendemain matin, puis libérée sur présentation d’une pièce d’identité. Par ailleurs, dès 23 heures, nous sensibilisons les noctambules et les invitons à rentrer chez eux », indique une source au sein d’un commissariat de police.
La Police nationale a reçu pour consigne d’être à l’écoute de la population locale en multipliant les descentes sur le terrain.
« L’objectif est de collaborer avec la communauté afin de prévenir les incidents et de faire face aux éventuels événements », précise-t-elle.
Les effets de ces mesures se feraient déjà sentir dans plusieurs quartiers. « Les sorties nocturnes se font de plus en plus rares», indique Jean de Dieu Nomenjanahary, président du fokontany d’Andavamamba Anatihazo I.
Plusieurs fokontany font également état d’une amélioration de la sécurité depuis leur mise en place. « Si les petits larcins existent encore, les vols avec agression ont disparu », affirment les chefs de fokontany des 67 Ha, d’Andavamamba Anatihazo I, d’Antohomadinika et d’Ampangabe.
Les habitants se disent également satisfaits de la diminution des nuisances sonores nocturnes. « Ces mesures de surveillance nocturne devraient être maintenues dans le temps, même en période de calme », estime Malala R., chef du fokontany des 67 Ha.
Certains responsables de fokontany réclament toutefois une présence accrue des forces de l’ordre dans tous les quartiers de la ville. « Elles devraient être présentes jour et nuit, car ces derniers jours, nous les voyons de moins en moins », déplorent-ils. De leur côté, les forces de l’ordre assurent que les patrouilles se poursuivent.
Miangaly Ralitera
