JIRAMA - Le colonel Randrianirina fait appel au patriotisme

Le colonel Michaël Randrianirina appelle au patriotisme des agents de la Jirama. Malgré des subventions massives de l’État s’élevant à un millier de milliards d’ariary, l’approvisionnement en électricité reste critique.

Le colonel Michaël Randrianirina offre la clé d’un camion-citerne au directeur général de la Jirama, le général Hajatiana Rasolomanana.

Le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, fait appel au sens du devoir des employés de la Jirama pour résoudre le problème des coupures d’électricité. 

« J’en appelle au patriotisme des employés de la Jirama pour résoudre ce problème, afin que nous n’ayons pas à nous en occuper nous-mêmes. Nous apportons l’argent, c’est à vous de travailler », a-t-il déclaré hier à Mandroseza, lors de la cérémonie de remise de douze camions-citernes pour renforcer la réponse aux besoins urgents après les cyclones Gezani et Fytia, dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable (PAAEP), financé par la Banque mondiale. 

Le président de la Refondation de la République de Madagascar a annoncé que la présidence avait accordé à la société des subventions d’un millier de milliards d’ariary depuis l’avènement de ce régime. « (…) Il est surprenant de constater que la situation ne change toujours pas », a-t-il indiqué. Selon lui, 75 %, voire 85 %, de cette somme sont utilisés pour l’électricité, ce qui devrait permettre de régler le problème des coupures de courant. Mais sur le terrain, le délestage persiste. 

Hier, la Jirama a annoncé un délestage de deux heures aux heures de pointe sur le réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). 

Énergies renouvelables

Selon les explications fournies, un déficit de 22 MW à la suite de la panne des machines de la turbine à combustion (TAC) 1, à Ambohimanambola, et la baisse du niveau d’eau à Andekaleka sont les deux facteurs de ce délestage. 

S’adressant aux employés de la Jirama, le chef de l’État a joué sur le registre moral : « Cela ne nous fait-il pas de peine de voir le peuple souffrir et se plaindre des coupures de courant ? La situation actuelle est-elle digne de la capitale du pays ? Posons-nous cette question. » Le directeur général, le général Hajatiana Rasolomanana, a donné ses explications à l’issue de la cérémonie. Le secteur de l’électricité serait celui qui engendre le plus de dépenses. 

« L’électricité génère de gros revenus, mais le carburant et les achats d’électricité auprès du privé pèsent lourdement sur les finances de l’entreprise », admet-il. 

La Jirama affiche l’ambition de gagner en autonomie et entend réduire peu à peu sa dépendance aux producteurs privés d’électricité et aux carburants coûteux, qui alourdissent ses charges. « Rappelez-vous toutefois que 20 % seulement de la population bénéficie de l’électricité de la Jirama. L’essentiel n’est pas d’écarter le privé, mais d’accroître la production, et nous veillerons à ce que ce soit la Jirama qui réalise cette augmentation. Les subventions allouées à la Jirama seront orientées vers l’investissement, pour construire des infrastructures propres à l’entreprise », a-t-il enchaîné. 

L’entreprise misera davantage sur les énergies renouvelables, en particulier le solaire, avec plusieurs projets en cours. Les centrales solaires de Mangatany, d’Ambatomirahavavy, d’Ilafy et d’Ampangabe font partie des projets réalisés ou en cours. Le directeur général de la Jirama s’est aussi adressé aux acteurs privés. « Nous ne vous demandons pas de faire œuvre de charité, mais de faire correctement votre travail, sans étouffer la Jirama. Si le privé prospère et que la Jirama s’appauvrit, c’est inacceptable, et ces contrats devront être annulés ou corrigés afin que la population bénéficie d’une électricité et d’une eau de qualité », a-t-il indiqué, en insistant sur l’importance d’une situation gagnant-gagnant. 

Le directeur général de la Jirama a aussi lancé un appel aux citoyens pour protéger les infrastructures de l’entreprise, victimes de vols et de dégradations. Ces pertes s’ajouteraient à celles liées à la vente d’électricité à un prix inférieur au coût de production. 

Miangaly Ralitera

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