ENSEIGNEMENT - Les séries A, C, D en voie de disparition ?

Le ministère de l’Éducation nationale prépare les établissements scolaires publics à la suppression des séries traditionnelles. Les écoles privées se montrent réticentes.

La rencontre entre le ministère de l’Éducation nationale et les établissements scolaires privés.

Les séries traditionnelles A, C et D pourraient définitivement disparaître. « Selon le plan établi au niveau du ministère, il n’y aura plus de séries A, C et D à partir de cette année scolaire. Cette planification prévoit qu’il n’y aura plus de baccalauréat pour ces séries », indique une source auprès du ministère de l’Éducation nationale, ce week-end.

Ces filières céderont la place aux séries Littéraire (L), Scientifique (S) et Organisation-Société-Économie (OSE). Ces nouvelles séries sont intégrées aux épreuves du baccalauréat depuis la session 2021. « L’élaboration de ce nouveau programme scolaire remonte déjà à 2018 et il a fait l’objet d’expérimentations dans plusieurs établissements à travers l’île. Le moment est désormais venu de le mettre en application », poursuit la source.

Le ministère de l’Éducation nationale a commencé, la semaine dernière, à informer les acteurs de l’éducation de cette décision et à leur fournir les directives nécessaires. Les établissements scolaires privés se montrent cependant réticents. « Les rentrées administrative et pédagogique ont déjà été effectuées, avec notamment la répartition annuelle des programmes scolaires. Alors que la rentrée des classes est prévue ce lundi 7 septembre 2026, l’annonce du changement de programme intervient de manière soudaine et inattendue », indique un avis commun des écoles privées à l’issue de la séance d’information tenue vendredi 4 septembre au ministère, à Anosy.

Adaptation

Les établissements privés insistent sur le fait qu’ils ne sont pas encore prêts à appliquer cette réforme. Ils estiment nécessaire d’améliorer le contenu des programmes scolaires ainsi que les coefficients. 

« Ces coefficients sont susceptibles d’induire les élèves en erreur en raison du manque d’enseignants qualifiés. À cela s’ajoute l’indisponibilité des modules de formation des enseignants, l’État n’étant manifestement pas en mesure d’assurer la formation de l’ensemble du personnel des établissements privés », indique également le communiqué du secteur privé.

Les coefficients sont particulièrement élevés pour les matières principales des nouvelles séries. Ils sont de 6 en mathématiques, en physique-chimie et en sciences de la vie et de la Terre pour la série S, contre 4 pour certaines matières de la série D et 5 pour la série C, par exemple.

Des enseignants du secteur public jugent eux aussi qu’un temps d’adaptation est nécessaire avant de supprimer définitivement les séries traditionnelles. « Plusieurs établissements publics et privés n’ont pas encore expérimenté le nouveau programme. Pourtant, certains modules de l’ancien cursus ont été supprimés tandis que d’autres ont été ajoutés. Il faut commencer dès la classe de Première pour bien préparer les futurs candidats », explique un professeur de mathématiques.

Le ministère dit rester ouvert aux échanges avec l’ensemble des acteurs concernés. Une source auprès du ministère indique qu’une déclaration sur le sujet sera faite cette semaine.

Miangaly Ralitera

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne