BLANCHIMENT DE CAPITAUX - Madagascar préside la Task force d’Afrique australe

Madagascar prend les commandes de l’entité de lutte contre le blanchiment de capitaux en Afrique orientale et australe. Une présidence qui place le pays au cœur des efforts régionaux de lutte contre les flux financiers illicites.

Photo de famille prise à l’issue de la cérémonie  de passation, à Kigali, au Rwanda.

Une double responsabilité. C’est ce qu’implique la prise en main des commandes de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group ou ESAAMLG. Le passage de témoin s’est effectué à Kigali, au Rwanda, lors de la 52e réunion de la Task Force of Senior Officials et de la 26e réunion du Conseil des ministres de l’ESAAMLG, du 31 août au 4 septembre.

Le docteur Herinjatovo Aimé Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances, devient ainsi président du Conseil des ministres de l’ESAAMLG. Tandis que la docteure Haja Lalao Razanamanana, directrice générale du Service de renseignement financier (Samifin), prend la tête de la Task Force of Senior Officials. La cérémonie de passation s’est déroulée en présence de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, chef du gouvernement.

En français, Groupe de lutte contre le blanchiment de capitaux d’Afrique orientale et australe, l’ESAAMLG est une entité régionale chargée de promouvoir l’application des normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Sa mission consiste notamment à évaluer les dispositifs de lutte de ses États membres et à favoriser leur coopération.

Selon la Primature, « ce mandat démontre la détermination de Madagascar à s’engager activement dans la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Il démontre aussi la volonté malgache de défendre son économie et de protéger ses richesses ».

Exemplarité

Ainsi, la présidence du Conseil des ministres de l’ESAAMLG et de la Task Force of Senior Officials dépasse le simple cadre institutionnel. Elle confère à Madagascar une position centrale dans la coordination régionale des politiques de lutte contre le blanchiment de capitaux et des délits financiers connexes. À cet effet, la Grande Île avance quatre priorités. La première est de conduire avec exemplarité et solidarité le 3e cycle des évaluations de l’ESAAMLG.

Pour son mandat, la Grande Île veut aussi renforcer la lutte contre les flux financiers illicites liés aux ressources naturelles et à la criminalité environnementale. La mise en place d’un système de gestion des statistiques et le renforcement de la supervision fondée sur les risques, notamment pour les prestataires de services d’actifs virtuels, complètent les priorités annoncées.

Comme indiqué au tout début, être aux manettes de l’ESAAMLG implique une double responsabilité pour Madagascar. L’enjeu est également national. La Grande Île doit montrer l’exemple en consolidant l’efficacité de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et les délits connexes. Il lui faut notamment améliorer la coordination entre les différentes administrations et renforcer la traçabilité des flux financiers. Les secteurs liés aux ressources naturelles, à la criminalité environnementale et aux nouveaux actifs numériques constituent autant de zones de vigilance.

Bien qu’il lui appartienne de coordonner les évaluations menées par l’entité régionale anti-blanchiment durant son mandat, il est probable que la présidence malgache soit également observée de près par les pays membres et les instances internationales. Elle culminera en août 2027 avec l’accueil, à Madagascar, de la prochaine réunion du Conseil des ministres de l’ESAAMLG.

Garry Fabrice Ranaivoson 

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