ENTREPRENEURIAT DES JEUNES - L’État lance un programme « anti-chômage »

Le pouvoir de la Refondation de la République lance son programme d’appuis à l’entrepreneuriat des jeunes et aux petites et moyennes entreprises. Un fonds de 200 milliards d’ariary est annoncé à cet effet.

Le colonel Randrianirina durant son discours, hier, à Ambohitsorohitra.

Fandroso. Tel est le nom du programme national d’appuis à l’entrepreneuriat des jeunes, lancé officiellement, hier, durant une cérémonie qui s’est tenue dans le parc du palais d’État d’Ambohitsorohitra. Lutter contre le chômage par le biais de l’entrepreneuriat est l’ambition affirmée.

« Chaque année, plusieurs jeunes entrent sur le marché du travail, mais il n’y a pas suffisamment d’emplois pour eux. Nous devons donc créer de nouveaux entrepreneurs pour créer de nouveaux emplois. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en place ce programme », explique le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, dans son discours de lancement de Fandroso. Le défi est ainsi de transformer les jeunes en acteurs économiques, en leur donnant la possibilité de créer leur propre opportunité.

« Les jeunes ne sont pas des problèmes, mais des solutions pour Madagascar. Vous n’êtes pas des charges, mais des leviers pour construire le Madagascar de demain. Le rôle de l’État est de vous ouvrir la porte, mais il vous appartient de le franchir et de construire votre avenir », plaide alors l’officier supérieur qui affirme également que « les jeunes sont les principales richesses de notre pays. (...) Plusieurs d’entre vous ont des projets, des idées, mais ne peuvent pas les concrétiser faute d’accès à un financement et d’une structure d’accompagnement ».

Doté d’un financement de 200 milliards d’ariary, Fandroso cible les jeunes, mais aussi les petites et moyennes entreprises qui souhaitent un appui pour se restructurer et se développer. Le programme repose sur un accompagnement global allant de la formation à l’accès au financement, en passant par l’encadrement technique. Les bénéficiaires peuvent alors avoir accès à un financement, sous forme de prêts à un taux d’intérêt bas, allant jusqu’à 60 millions d’ariary.

Le programme prévoit notamment deux volets phares. Il y a la catégorie Tsiry, destinée à soutenir les jeunes qui veulent se lancer dans l’entrepreneuriat et les startups. Et la catégorie Tafita, qui vise à accompagner ceux disposant déjà d’une activité, d’une petite ou moyenne entreprise. 

Le locataire d’Iavoloha souligne, toutefois, que pour pouvoir intégrer, les candidats devront présenter un dossier solide, un projet viable, durable et impactant sur le plan économique et social.

Dimension politique

« Le développement ne résulte pas des discours, mais des actions concrètes et de la création de richesse. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de former une nouvelle génération d’entrepreneurs malgaches. Une génération qui ne se contente pas d’attendre que les emplois se créent, mais qui les crée elle-même. Une génération qui ne demande et n’attend pas d’aide, mais qui propose des solutions », soutient alors l’officier supérieur.

Cette nouvelle initiative pour soutenir les jeunes entrepreneurs n’est toutefois pas sans rappeler une expérience antérieure. Il s’agit du programme Fihariana, sous l’administration Rajoelina. Lancé avec des ambitions similaires, celui-ci visait déjà à promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes en facilitant l’accès au financement et à l’accompagnement. L’objectif était également de lutter contre le chômage.

Par le biais de Fihariana, plusieurs projets ont vu le jour à travers le pays, dans des domaines variés. Les résultats ont, toutefois, été contrastés. Néanmoins, des bénéficiaires ont su surfer sur l’appui du programme pour pérenniser leurs activités. Dans son allocution, hier, le colonel Randrianirina a mis l’accent sur l’équité, l’inclusivité et la transparence dans la sélection des bénéficiaires du programme Fandroso.

Dans un contexte où l’accès à un emploi décent, ou un emploi tout court, surtout pour les jeunes, constitue un challenge permanent, un programme pour booster l’entrepreneuriat est toujours le bienvenu. Il représente une opportunité concrète, face à un marché du travail saturé. À l’instar de celui qui l’a précédé, il est certain que plusieurs sont ceux qui vont placer sur Fandroso leurs espoirs de voir leur projet ou leur idée prendre forme et durer.

Au-delà de l’aspect socio-économique, l’initiative lancée hier revêt aussi une dimension politique. Elle constitue un test pour le pouvoir, appelé à tirer les leçons des expériences passées afin d’éviter les écueils. Le chef de l’État l’a lui-même reconnu, « le succès de ce programme se mesurera au nombre de nouvelles entreprises créées, au nombre d’emplois créés, au nombre de jeunes qui réussissent et au nombre de familles dont la vie aura été transformée ».

Garry Fabrice Ranaivoson

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