La retaxation du riz importé vise à réduire la dépendance aux importations et à soutenir la production locale. Une mesure qui s’inscrit dans l’objectif d’autosuffisance alimentaire.
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| Arrivée de cargaison de riz dans un port. |
Le vin est tiré, il faut le boire. La retaxation du riz importé dans le cadre de la Loi de finances rectificative et du Plan de relance économique est effective. Un droit de douane de 20 % et une TVA de 5 % frappent désormais le riz importé. Une mesure qui crée des grincements de dents au niveau des consommateurs. « C’est le riz le moins cher sur le marché, avec cette taxe, le riz de luxe sera hors de prix pour moi », se lamente Louis de Gonzague, père de cinq enfants et contremaître de son état. Une réaction à chaud comme celles de la plupart des consommateurs.
Mais il faut faire un choix. Soit on continue à importer à l’infini, quitte à engraisser les producteurs étrangers, soit on limite l’importation de manière à privilégier les producteurs et les paysans locaux. Le ministre de l’Économie et des Finances, le Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, conforte cette option. « Le chemin vers la souveraineté économique et l’autosuffisance alimentaire est clair : soutenir nos producteurs, accroître notre productivité grâce aux mesures ambitieuses adoptées à l’issue des Assises pour la relance économique », a-t-il souligné lors d’un bref entretien.
Ces dernières années, les importations n’ont cessé d’augmenter. En moyenne, on importe chaque année autour de 800 000 tonnes, selon des chiffres fournis par la Douane.
Aberrante
Rien que pour le premier semestre, 408 667 tonnes de riz haut de gamme ont été importées, toujours selon la Douane. Une quantité énorme qui montre que Madagascar dépend de plus en plus du riz importé. Une situation aberrante quand on sait que les producteurs malgaches disposent d’un important potentiel. Malheureusement, faute d’infrastructures, ils ont de la peine à écouler leurs produits et voient leurs revenus s’effriter. Ils sont incapables d’investir et ne sont pas motivés pour augmenter la production.
« La retaxation du riz de luxe ne constitue donc pas une simple mesure fiscale. Elle représente un acte de confiance envers le monde rural et un instrument de relance économique nationale. Elle vise à permettre au riz produit à Madagascar de retrouver toute la place qu’il mérite dans les marchés, les commerces et les foyers », précise le ministre de l’Économie et des Finances. Des mesures d’accompagnement ont été prises pour que cette retaxation atteigne l’objectif visé.
« Les herbicides et les fongicides sont détaxés, tandis que les fertilisants et les engins agricoles bénéficient d’allègements fiscaux », révèle un technicien du fisc. En outre, le gouvernement poursuit la construction et la réhabilitation de barrages et des réseaux d’irrigation, la distribution de semences, l’accompagnement technique des agriculteurs ainsi que le développement des infrastructures routières pour permettre l’acheminement des produits locaux.
La situation est en train de changer, la tendance s’est renversée. À preuve, selon les chiffres officiels, la production nationale est passée de 4 684 469 tonnes de paddy en 2025 à une estimation de 5 172 000 tonnes cette année. La région Sofia produit à elle seule 700 000 tonnes et demeure le premier bassin rizicole du pays.
Désormais, le gouvernement encourage les Malgaches à consommer le riz local. Cela permet également d’améliorer la balance commerciale par le biais de la réduction de l’importation.
La conclusion revient à un producteur nommé Ferdinand d’Ambatondrazaka. « Madagascar n’a jamais importé du riz dans le passé. La situation actuelle constitue une honte. Cette mesure contre le riz importé est une excellente chose. Elle aurait dû être prise depuis longtemps. C’est une décision salutaire pour de nombreuses familles à travers le pays », se réjouit-il.
L'Express de Madagascar
