DISPARITIONS - La peur grandit au sein de la population

Les disparitions inquiétantes se multiplient et plongent la population dans l’angoisse. À Antananarivo, les habitants redoublent de vigilance face aux craintes d’enlèvement.

Les parents redoublent de vigilance face aux suspicions d’enlèvement.

La peur gagne du terrain au sein de la population. À Antananarivo, sortir de chez soi devient une source d’inquiétude pour de nombreux habitants. La multiplication des disparitions et des meurtres signalés ces derniers jours nourrit un profond sentiment d’angoisse dans la capitale. Le sujet est désormais sur toutes les lèvres. 

La crainte d’éventuels enlèvements s’installe dans les esprits. Chaque disparition suscite l’inquiétude des familles et ravive les craintes au sein de la population. Le décès de Ny Aina Liantsoa Andriamasinavalona, un jeune homme de 22 ans porté disparu depuis le 15 juillet et retrouvé mort hier du côté d’Ambohimanambola, vient renforcer cette inquiétude.

Cette situation relance les appels à une réponse plus forte des autorités face à ces affaires qui suscitent l’inquiétude de la population.

« Pour ma part, j’ai une fille qui passe les épreuves du baccalauréat. Je l’accompagne chaque matin au centre d’examen, je lui apporte son déjeuner et je reviens la chercher l’après-midi. Nous ne savons plus à quel moment nous pouvons être victimes d’un enlèvement ou d’une agression », témoigne Rafarasoa, parent d’élève dont la fille passe les épreuves du baccalauréat à Tanjombato.

Centre opérationnel anti-enlèvement

« Nous ne pouvons plus compter que sur nous-mêmes », confie-t-elle. Pour de nombreux riverains, le simple fait de franchir le seuil de leur maison et de marcher dans la rue est devenu une source d’angoisse permanente. Les déplacements se font désormais avec davantage de prudence, surtout pour les enfants et les jeunes qui doivent se rendre seuls à l’école ou au travail.

« Je préfère désormais accompagner mes enfants dès qu’ils doivent sortir. Même pour un court trajet, nous restons constamment sur nos gardes », témoigne Antsatiana, une mère de famille vivant à Bongatsara.

D’autres habitants disent avoir changé leurs habitudes. « Avant, je pouvais rentrer tard sans trop m’inquiéter. Aujourd’hui, j’essaie d’éviter de sortir seul et je préviens toujours ma famille lorsque je me déplace », raconte Tonny, un jeune homme d’Ambohipo.

Dans les quartiers, la méfiance s’installe et les conversations tournent de plus en plus autour des disparitions et des agressions rapportées ces derniers jours. « On ne sait plus à qui faire confiance ni ce qui peut nous arriver en chemin. Cette situation est vraiment inquiétante », déplore Tiavina, père de famille résidant à Andoharanofotsy.

« La peur doit changer de camp », a réagi hier Mbolatiana Raveloarimisa, fondatrice d’Autisme Madagascar et co-créatrice de mouvements citoyens. Elle appelle à un renforcement des moyens des forces de l’ordre, notamment en effectifs, en équipements et en ressources, afin de mieux lutter contre ces actes criminels.

Les autorités ont renforcé le dispositif de lutte contre les disparitions et les enlèvements, avec notamment le déploiement d’effectifs supplémentaires sur le terrain, la multiplication des rondes et l’intensification des opérations de sécurisation. Un Centre opérationnel anti-enlèvement a également été installé au Commissariat central de Tsaralalàna afin de centraliser les recherches des personnes disparues, de coordonner les actions de la police et des forces de sécurité et de lutter contre les réseaux impliqués.

Malgré ces dispositifs, l’inquiétude reste forte au sein de la population.

Mialisoa Ida

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