Le port de Mahajanga amorce une importante phase de réhabilitation. Les travaux doivent renforcer ses infrastructures et améliorer ses capacités opérationnelles.
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| Vue aérienne des quais Coste et Vuillemin du port de Mahajanga, au cœur du projet de réhabilitation des infrastructures portuaires. |
Le séjour du colonel Randrianirina en terre Sakalava a été studieux. « Le dragage du port est désormais une réalité. Il va permettre d’améliorer la navigation et de faciliter l’accès au port, tout en renforçant les activités économiques et le développement de la région », a-t-il déclaré en substance. Le projet de travaux d’urgence de remise en état du port de Mahajanga entre dans une phase stratégique pour moderniser et sécuriser les installations portuaires. Lancé le 25 février 2025, ce chantier vise à renforcer les capacités opérationnelles du port tout en garantissant la continuité des activités maritimes pendant toute la durée des travaux.
D’un coût de 43,26 milliards d’ariary, le projet est placé sous la maîtrise d’ouvrage de l’Agence portuaire maritime et fluviale (APMF) et bénéficie du financement de la Banque mondiale, à travers le crédit IDA. Les travaux sont confiés à China Road and Bridge Corporation (CRBC), tandis que la mission de contrôle et de surveillance est assurée par EGIS Inframad. La durée de réalisation prévue est de quinze mois et deux jours.
Le chantier porte principalement sur le rempiétement des quais Coste et Vuillemin. Des travaux connexes sont également programmés. Ils concernent notamment la réhabilitation du magasin Vuillemin, la construction d’un nouveau local de contrôle, la remise en état de la voie d’accès et du réseau d’évacuation des eaux. Des clôtures conformes aux normes du Code ISPS permettront de renforcer la sécurisation des zones sensibles.
Rôle essentiel
Le port de Mahajanga joue un rôle essentiel pour la région Boeny et la façade maritime nord-ouest de Madagascar. Le complexe comprend notamment le port aux boutres, le port de commerce traditionnel, le port Schneider et le terminal gazier de Belinta. Le grand port s’étend sur 100 000 m², avec une zone de stockage de conteneurs de 16 935 m² et des magasins totalisant 20 060 m².
Malgré cette importance, l’infrastructure fonctionne actuellement à la limite de ses capacités. À marée haute, le tirant d’eau disponible à quai est de 4,5 mètres, empêchant les navires de long cours de s’amarrer directement. Les navires de moyen et fort tonnage restent ainsi au mouillage, tandis que leurs marchandises sont transbordées sur des barges. « Le travail de dragage du port permettra aux navires et aux personnes de circuler plus facilement, ce qui contribuera également à accroître les échanges commerciaux et les activités économiques », a souligné le colonel Michaël Randrianirina.
La région Boeny, deuxième grenier agricole de Madagascar et première région productrice de crevettes, dépend de ces infrastructures pour l’acheminement des intrants et l’exportation des produits aquacoles. L’envasement de la baie, les coûts logistiques, les contraintes routières et les exigences environnementales restent toutefois des défis.
À travers cette remise en état, les autorités ambitionnent d’améliorer la capacité, la sécurité et la compétitivité du port. Le projet doit également consolider son rôle de port stratégique de repli et contribuer à la continuité des échanges maritimes nationaux.
Lucia Rabarijaona
