La tension monte autour de la production d’électricité. Face à la persistance des coupures à Toamasina, Antsiranana et Mahajanga, le chef de l’État hausse le ton.
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| Le chef de l’État durant sa déclaration, hier, à Iavoloha. |
Une semaine. C’est le délai imparti par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, dans un ultimatum qu’il émet contre l’entreprise Enelec, hier. Une semaine pour résoudre les problèmes de production d’électricité dans les villes de Toamasina, Antsiranana et Mahajanga, où elle est le partenaire de la Jirama.
Cette déclaration a été faite par l’officier supérieur, hier, en marge d’un événement au palais d’État d’Iavoloha. « Je lance un avertissement à Enelec (...) si elle ne veut pas travailler à Madagascar, qu’elle parte. (...) C’est un dernier avertissement pour Enelec. Je lui accorde quelques jours, cette semaine, si la situation à Antsiranana, Toamasina et Mahajanga n’est pas rétablie, elle verra », fulmine-t-il.
Le chef de l’État n’a pas indiqué quelle mesure il compte prendre contre l’entreprise de production d’électricité. Mais sa déclaration d’hier découle d’une question qui lui a été posée sur la persistance des problèmes d’électricité à Toamasina. Pourtant, dans un discours devant les habitants de la ville du grand port, le samedi 11 juillet, il a annoncé que le délestage allait cesser le lundi d’après, soit le 13 juillet.
Afin de booster la production, l’État a remis de nouveaux groupes thermiques à la Jirama. Selon les affirmations des habitants de Toamasina, les longues coupures persistent. À s’en tenir à ses propos d’hier, pour le locataire d’Iavoloha, la société Enelec y aurait une part de responsabilité.
Le colonel Randrianirina explique que la production d’électricité à Toamasina, Antsiranana et Mahajanga est en partenariat avec Enelec. « Ce qui intrigue est que toutes ces villes rencontrent des problèmes », ajoute-t-il, en déclarant, « pourtant, l’État n’a de cesse d’envoyer des groupes dans ces villes afin de combler le gap de production des entreprises privées ».
Faisant toujours part d’un fait qui l’intrigue, le colonel Randrianirina indique, « Je ne sais pas quelle raison, mais lorsque nous ajoutons des groupes en renfort pour la Jirama, Enelec baisse sa production ». À l’entendre, l’hypothèse d’un sabotage lui aurait été rapportée comme étant parmi les explications de la persistance des problèmes d’électricité dans ces grandes villes.
Réaction
Dans une interview publiée le 19 janvier par un média en ligne privé, le général Razafindratovo Heritiana Ramasy, aux commandes de l’Unité de coordination pour la reconstruction de la ville de Toamasina, a laissé entendre que le sabotage ferait partie des éventualités prises en compte dans le cadre d’une enquête à mener sur les problèmes d’électricité à Toamasina. « Personne d’autre que le personnel d’Enelec peut accéder à leur site. Posez des caméras, renforcez la surveillance pour voir s’il y a vraiment du sabotage », assène pourtant l’officier supérieur.
Dans son élan, le locataire d’Iavoloha a également évoqué « la nécessité de réviser le contrat » entre la Jirama et Enelec. « Dans ce contrat, il y a une clause qui dit que la Jirama doit systématiquement payer 65 % de la somme qui y est prévue à Enelec, qu’importe la situation », affirme-t-il. Un point que confirme une source auprès de la Jirama.
Prenant l’exemple d’Antsiranana, le chef de l’État explique que « Enelec doit produire 18 mégawatts, alors que les besoins des usagers sont de 11 mégawatts. Si elle ne produit qu’à la hauteur des 65 % que l’État lui reverse systématiquement, Antsiranana ne devrait pas rencontrer de problèmes. Mais la réalité est qu’elle ne produit que 3 mégawatts ».
Contactée par le biais de différents canaux, suite aux déclarations du colonel Randrianirina, Enelec a, dans un premier temps, gardé le silence. Finalement, l’entreprise a envoyé un communiqué, en malgache, à la rédaction, tard dans la nuit. Dans cette missive, elle explique que « des problèmes techniques majeurs et sans précédent ont touché plusieurs centrales électriques gérées par la société Enelec ».
Toujours dans son communiqué, Enelec ajoute que « dès l’apparition de ces dommages, l’ensemble du personnel des centrales s’est mobilisé sur le terrain et n’a cessé de chercher des solutions, en pleine collaboration avec la société Jirama. Cela, afin de préserver autant que possible la continuité de la fourniture d’électricité aux populations». L’entreprise affirme néanmoins qu’elle
« reçoit avec la plus haute considération les inquiétudes exprimées par le Président de la Refondation de la République concernant les coupures de courant inévitables survenues dans certaines villes disposant de centrales électriques gérées par la société Enelec ».
Dans sa missive, l’entreprise n’évoque toutefois ni le délai imparti par le locataire d’Iavoloha, ni la question de la clause du contrat avec la Jirama, qu’il a vivement critiquée. Avant de conclure son communiqué, Enelec affirme toutefois : « Nous sommes pleinement conscients des difficultés causées par les insuffisances dans l’approvisionnement en électricité pour la population. C’est précisément pourquoi nous tenons à souligner que l’ensemble du personnel de l’entreprise s’active et cherche ensemble des solutions jour et nuit, afin de résoudre le plus rapidement possible ces problèmes techniques majeurs, et d’augmenter la production d’électricité ».
Garry Fabrice Ranaivoson

Mais alors !
RépondreSupprimerOù est le "problème"?
D'un côté, l’état dit qu'il a "donné" tout ce qu'il faut pour cesser les coupures ?
De l’autre Enelec se "chie" dessus en noyant le poisson et se cachant derrière une phrase linéaire et qui montre que cette entreprise ne sait comment s'en sortir car ?
Cela pourrait ennuyer certains !