Depuis un demi-siècle, Njila bâtit un univers musical ouvert à tous les styles et transmet aujourd’hui cet héritage à une nouvelle génération d’artistes.
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| Les artistes Njila et Johane aux côtés des organisateurs. |
Transmettre sans figer, partager sans enfermer. C’est cette vision que Njila continue de défendre après cinquante ans de carrière. Le chanteur sera l’une des figures centrales de la troisième édition de « Kanto Miampita », le plus grand cabaret de Tanà, soutenu par Airtel Money, qui se tiendra le 31 juillet au CCI Ivato. Organisé par Pho Resto, l’événement réunira Njila, Mahery, Elsie et Johane autour d’un concept original : des artistes de la nouvelle génération reprendront le répertoire d’un aîné… en sa présence.
Pour Njila, cette rencontre dépasse largement le cadre d’un hommage. «J’ai accepté cette invitation avec plaisir et je remercie les organisateurs. L’objectif de ce spectacle est de transmettre l’art d’une génération à l’autre afin qu’il puisse être découvert par le plus grand nombre », explique-t-il. L’artiste poursuit d’ailleurs son travail de création. « Je continue à composer de nouvelles chansons. Ce spectacle est une manière de transmettre ce que j’ai construit à la deuxième génération », confie-t-il. Il tient d’ailleurs à préciser que « Kanto Miampita n’est pas un retour aux chansons d’autrefois, mais la continuité d’un art qui reste bien vivant ».
Le choix des interprètes n’a pas été laissé au hasard. Johane a été retenu pour sa notoriété, son attachement de longue date aux chansons de Njila et pour une voix que ce dernier juge parfaitement compatible avec la sienne. Elsie, rencontrée à Paris, s’est imposée grâce à la puissance de sa voix, tandis que Mahery, son cadet, partage déjà régulièrement la scène avec lui. Poopy figurait également parmi les artistes pressentis, mais ne pouvait pas participer, étant déjà engagée sur un autre événement. Les jeunes chanteurs découvriront aussi des œuvres inédites, puisque près de quatre-vingts nouvelles chansons attendent encore d’être dévoilées.
Expérience
Pour Johane, cette collaboration est une expérience exceptionnelle. « C’est un immense honneur de travailler avec Njila. J’ai grandi avec sa musique, mes parents chantaient constamment ses chansons. C’est un rêve qui se réalise et une expérience totalement nouvelle pour moi. »
Le parcours de Njila débute à 15 ans. À Ambatoroka, il monte sur scène pour la première fois au moment du décès de son père. Proche de la société, passionné de rugby et de football, il passait aussi ses soirées à chanter avec les habitants de son quartier. Apprenti guitariste classique auprès d’Étienne Ramboatiana, surnommé Bouboul, il est remarqué par Norbert Ratsirahonana, président du fokontany, qui l’encourage à monter sur scène. Malgré l’importance accordée aux études dans sa famille, il choisit finalement de suivre sa vocation et son amour pour la musique.
En 1978, une prédication entendue dans la rue, aux Arcades d’Analakely, lui inspire la chanson «Ilazao », avant que celle-ci n’entre dans les cantiques de l’Église protestante FJKM (Fiangonan’i Jesoa Kristy eto Madagasikara). Son univers artistique se construit alors autour de la musique classique, des valeurs de solidarité et de multiples influences. Il participe ensuite à la création d’un groupe avec Poopy et Voahangy, avant de collaborer avec plusieurs artistes, dont Anyah, Melky et Lilie.
Cassie Ramiandrasoa
