SOS - Une adolescente se bat pour une greffe rénale

Alexie, 17 ans, souffre d’une insuffisance rénale chronique. Sa famille a lancé une cagnotte pour lui permettre de bénéficier d’une greffe rénale cette année.

Alexie, pendant une séance de dialyse.

Alexie, 17 ans, en est cette semaine à sa 315e séance de dialyse. Sa famille espère mettre un terme à ce traitement pour lui permettre de bénéficier d’une greffe rénale cette année. « Le traitement est très lourd. Elle a dû suivre plusieurs séances de dialyse pendant deux ans et demi, ce qui l’a profondément épuisée. Depuis, elle ne peut plus aller à l’école ; elle a dû interrompre sa scolarité en classe de 5e. Nous souhaiterions qu’elle puisse reprendre une vie normale, et c’est la greffe rénale qui lui offrirait cette possibilité », confie sa mère, Nancy Haingotiana, hier.

La famille cherche à réunir 40 000 dollars pour réaliser cette transplantation dans un pays étranger, l’opération n’étant pas encore possible à Madagascar. Jusqu’à hier, 675 dollars avaient été récoltés. Un appel à la solidarité a été lancé pour tenter de réunir le reste de la somme. Le coût des 315 séances de dialyse a déjà épuisé les ressources du foyer. « Nous avons déjà dépensé près de 100 millions d’ariary pour tous ces traitements depuis le début de sa maladie », poursuit la mère. Selon elle, 75% de ces dépenses ont été assumées par la famille, qui dit avoir dû vendre ses biens afin d’assurer la continuité des soins.

« Le traitement de l’insuffisance rénale constitue une charge financière particulièrement lourde, d’autant que nous ne bénéficions d’aucune couverture sociale », ajoute Nancy Haingotiana. Chez une personne atteinte d’insuffisance rénale chronique, la dialyse doit être poursuivie de manière continue, à raison de deux à trois séances par semaine, et ce jusqu’à une éventuelle greffe, afin d’assurer la survie du patient. Selon un spécialiste en néphrologie, l’arrêt du traitement compromettrait inévitablement le pronostic vital.

Bouleversement

L’insuffisance rénale chronique d’Alexie, fille du coach de l’équipe nationale Ankoay 3x3, Anthony Andriamaholy, s’est développée à la suite d’un lupus. La maladie a profondément bouleversé le quotidien familial. « Nous n’avons plus de vie normale. En plus de sa maladie, Alexie traverse parfois des épisodes de dépression. De notre côté, notre quotidien est entièrement organisé autour de ses soins, au point qu’il nous reste très peu de temps pour d’autres activités. Son cadet en subit également les conséquences, toute l’attention étant centrée sur sa grande sœur », explique sa mère.

La famille appelle également l’État à accorder une attention particulière aux personnes sous dialyse. « Le traitement est d’un coût très élevé et difficilement supportable, surtout pour les enfants qui devraient pouvoir se projeter vers l’avenir », plaide Nancy Haingotiana. Alexie n’est pas la seule enfant atteinte d’insuffisance rénale chronique.

À Madagascar, selon les derniers chiffres recensés, le nombre de personnes souffrant d’insuffisance rénale serait compris entre 8 000 et 10 000. Une étude récente (2022) effectuée à Antananarivo révèle une prévalence de l’insuffisance rénale chronique de 13,8%. Dans 72,4% des cas, la maladie touche principalement des personnes âgées entre 25 et 54 ans.

Miangaly Ralitera

1 Commentaires

  1. C'est une honte que la transplantation n'est toujours pas possible à Madagascar. Meme dans les pays le plus primitive elle est monnaie courante.

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