Treize personnes sont poursuivies pour tentative d’assassinat du Président et de coup d’État. Le colonel Patrick Rakotomamonjy et un officier général figurent dans cette liste.
![]() |
| La procureure Narindra Navalona Rakotoniaina, durant sa déclaration d’hier. |
Treize accusés, dont onze placés en détention préventive. C’est l’issue du défèrement d’un dossier devant le parquet du Tribunal de première instance (TPI) d’Antananarivo, le 31 mars, selon une déclaration faite par Narindra Navalona Rakotoniaina, procureure de la République, hier.
« Le 31 mars dernier, treize personnes ont été présentées devant le parquet, puis déférées au juge d’instruction. Elles sont impliquées dans une affaire de tentative d’assassinat du Président de la Refondation de la République et de projet de coup d’État, préparé de longue date », annonce la procureure Rakotoniaina dès l’entame de sa déclaration. Elle ajoute que « parmi les personnes ayant conçu et organisé l’ensemble de cette opération criminelle figure le colonel Patrick Rakotomamonjy ».
Ancien directeur du Bureau des doléances à la présidence de la Refondation de la République, celui qui est connu sous le nom de colonel Patrick a été démis de ses fonctions en janvier. Depuis quelques semaines, il multiplie les déclarations diffusées sur Facebook. Des déclarations dans lesquelles il affirme être traqué par les tenants du pouvoir et ainsi se cacher. Il y fustige également les dérives supposées de certaines figures de l’administration de la Refondation, en multipliant les appels « à une prise de responsabilité » de ses aînés au sein des Forces armées.
C’est avec ses discours diffusés sur Facebook, justement, que le colonel Rakotomamonjy s’est fait un nom, en dénonçant les abus présumés des figures de la précédente administration étatique.
Chefs d’inculpation
Les faits d’accusation rapportés par la procureure Rakotoniaina sont pourtant accablants. « Ces agissements s’inscrivent dans le cadre d’une tentative d’atteinte à la vie du Président de la Refondation de la République. Au cours de l’enquête, des échanges entre les suspects ont été découverts, notamment via SMS et messages WhatsApp », affirme-t-elle.
« Il convient de souligner que des officiers figurent parmi les personnes impliquées dans cette affaire, dont un général qui s’est déjà manifesté publiquement et a affiché son intention de participer à un coup d’État », ajoute la magistrate, sans pour autant donner les noms de ces hauts gradés. Dans sa dernière vidéo, diffusée mercredi, le colonel Rakotomamonjy a indiqué qu’à Noël, ils étaient « sept officiers » à avoir été entendus à la section de recherche de la Gendarmerie nationale, à Fiadanana.
Une source avisée confirme justement que le dossier remis au parquet le 31 mars découle de l’enquête menée par les gendarmes de la section de recherche de Fiadanana. « Certains mis en cause ont également reconnu que la somme de 20 milliards d’ariary retrouvée sur leurs comptes avait servi à financer la réalisation de ces actes criminels. Il a par ailleurs été établi que les suspects tenaient des réunions fréquentes, au cours desquelles ils élaboraient l’ensemble des stratégies à mettre en œuvre », enchaîne la procureure Rakotoniaina.
Selon la procureure de la République toujours, « les perquisitions effectuées à leurs domiciles ont permis la saisie d’importantes sommes d’argent ainsi que de nombreuses armes ». Elle énonce ainsi que les chefs d’inculpation retenus contre les treize accusés sont « la tentative d’assassinat du Président de la Refondation de la République, la participation à une association de malfaiteurs, la détention illégale d’armes et l’association de malfaiteurs ».
Comme indiqué préalablement, onze des treize accusés sont placés en détention provisoire, sans que le lieu de détention n’ait été précisé par la procureure de la République. Deux d’entre eux seraient toujours « recherchés », et sont sous le coup de mandats d’arrêt délivrés par le parquet du TPI d’Antananarivo. Ici encore, les identités des personnes recherchées n’ont pas été données. Il est probable que le colonel Rakotomamonjy soit l’une d’elles.
Garry Fabrice Ranaivoson
