À Manjakandriana, les producteurs de lait subissent les prix imposés par les collecteurs. Faute de moyens pour acheminer eux-mêmes leur production, ils vendent souvent à perte.
| Du lait vendu dans des bouteilles en plastique. |
Les producteurs de lait des environs de Manjakandriana font face à un prix d’achat dérisoire. N’ayant pas la possibilité de livrer eux-mêmes leurs produits, ils sont contraints d’accepter les tarifs fixés par les collecteurs.
Le litre de lait est acheté entre 1 800 et 2 000 ariary, parfois moins en période de pluie. Ces prix faibles démotivent les producteurs, d’autant que le cheptel bovin laitier de race norvégienne se raréfie, tandis que les races locales ne produisent que 4 à 8 litres par jour.
Sur les pistes en terre battue reliant Sambaina à Ankidimanga, bordées de pins et d’eucalyptus, les mobylettes des collecteurs descendent vers Talatakely et son pont de bois pour atteindre les villages les plus reculés. Dans le fokontany d’Ambondrona, commune de Sambaina, Berthine témoigne :
« Nous n’avons pas vraiment le choix. Nous ne pouvons pas imposer le prix du lait aux différents collecteurs qui viennent ici tous les matins, car ils proposent tous le même tarif, qu’ils viennent de la fromagerie d’Ambatomanga, du Vakiniadiana ou d’Antsirasoa. »
Cette situation réduit fortement le pouvoir d’achat des communautés paysannes locales, où la production laitière reste une source de revenus quotidiens.
Pour Fara, du fokontany d’Ambohibehasina, la vente du lait ne couvre plus les charges. « La vente à perte du lait ne permet même pas d’entretenir correctement les vaches ni de couvrir les besoins quotidiens. Pour ma part, une de mes vaches produit 8,5 litres par jour, ce qui me rapporte à peine
15 300 ariary, à raison de 1 800 ariary le litre », explique-t-elle.
Manjakandriana est pourtant une région historiquement productrice de lait. Les ruines de l’usine Tiko, à Sambaina, rappellent encore cet âge d’or. Les paysans évoquent l’époque où l’État et le projet Prosperer avaient vulgarisé les vaches norvégiennes, réputées pour leur forte capacité de production, pouvant atteindre jusqu’à 21 litres par jour, selon Setra, enseignant de français au CEG d’Ankadimanga.
Le district de Manjakandriana fait partie du « triangle laitier » Tsiroanomandidy-Manjakandriana-Ambalavao, considéré comme une zone de forte production, soutenue notamment par le Malagasy Dairy Board (MDB) et Profi-Lait Plus, financé par l’Union européenne.
Une source de revenus essentielle
Hormis l’activité forestière, qui ne concerne qu’une partie de la population, les sources de revenus dans ces campagnes éloignées des grands circuits d’échanges se limitent essentiellement au travail de la terre et à la construction.
Installée dans un camion transportant du son de riz, Liza résume la situation : « Les villages d’ici se vident de leurs hommes. Beaucoup sont partis en ville pour chercher du travail, laissant les femmes seules au village. » Une remarque qui illustre la migration masculine et l’appauvrissement progressif des campagnes.
Le déclin de la miellerie dans la zone a déjà lourdement pesé sur les habitants, certains l’attribuant aux engrais chimiques, d’autres à un insecte invasif. Dans ce contexte, l’affaiblissement de la filière laitière dans le Vakiniadiana pourrait être fatal à de nombreux producteurs.
Zaka, producteur de fromage sans étiquette, rappelle la réussite passée de l’amélioration du cheptel bovin laitier avec la race pie rouge norvégienne, restée toutefois sans véritable suite dans la région.
Selon le Malagasy Dairy Board, la consommation annuelle de lait et de ses dérivés à Madagascar est estimée entre 5 et 7 litres par habitant. Le lait reste ainsi un produit peu consommé sur le marché paysan, sauf dans les bourgs. L’élevage bovin demeure pourtant l’un des piliers de l’économie nationale. Il est d’ailleurs le seul élevage nécessitant une identification spécifique, à travers la fiche individuelle de bovin (FIB), ou Bokin’omby.
La saison sèche réduit la production de lait. En période de pluie, les collecteurs se raréfient en raison de l’impraticabilité des routes, ce qui fait chuter les prix et fragilise davantage les éleveurs. Les tarifs varient selon l’éloignement des villages par rapport au principal bourg de la région : 1 800 ariary le litre à Ambohibehasina, 2 000 ariary à Ambazaha, 2 500 ariary à Marosaoana et 3 000 ariary à Manjakandriana.
Zaka pointe également une autre faiblesse de la filière : « Le problème de la fabrication du fromage se situe au niveau de l’affinage. Les gens n’ont pas d’argent et se pressent de vendre des fromages blancs amers qui inondent le marché. »
Hasina Giovanni
C'est un bonne prix. Les eleveurs en France sont payé 0.42€ = 2036,36 Ar. avec des charges beaucoup plus élévé, il paient le SMIC Français, l 'alimentation animale, les bâtiments d'élevage et les frais vétérinaires et taxes sont beaucoup plus supérieurs qu'à Madagascar.
RépondreSupprimerMais le rendement par bête aussi: 25 litr par jour ce le minimum, sinon la vache va à l'abattoir.
Vous etes assis sur un mine de l'or, et vous en trouvez pas.
Comment la Nouvelles Zelande fait pour exporter partout dans le monde? Travail dur et organisation.
Le prix au Brésil est aussi semblable: R$ 2.33/litre = 1927,38 le litre.
RépondreSupprimerArretez de pleunicher, ameilloré les performance de vos vaches. N'attendez pas la pluie de l'or: elle n'existe que dans vos reves.
PS: Sources:
RépondreSupprimerPrix du lait au Brésil: https://www.noticiasagricolas.com.br/cotacoes/leite/leite-precos-ao-produtor-cepea-rs-litro
France:
https://fnil.fr/actions/filiere-laitiere/prix-du-lait
Qu'on ne me dit pas que je suis méchant avec les producteur, meilleur sélection, construisez des bon étables, des machines a traire, et le rendement est la.