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| Pierre Bertinotti, grand maître du Grand Orient de France, face à la presse, hier. |
Démystifier la franc-maçonnerie. Dans une certaine mesure, ça a été l’objectif de Pierre Bertinotti, grand maître du Grand Orient de France, durant une conférence de presse, hier, à Ambodivona. Une étape dans le cadre de son séjour à Madagascar, pour visiter l’Étoile Australe, qui est la loge du Grand Orient de France dans la Grande Île. Toutes obédiences et loges confondues, Madagascar compterait entre mille cinq cents et deux mille francs-maçons.
« Comme vous le voyez, nous n’avons rien à cacher», déclare Pierre Bertinotti au détour d’une réponse aux questions des journalistes. L’échange a porté sur différents points qui intriguent ou qui suscitent des appréhensions vis-à-vis de la franc-maçonnerie. Il y a, entre autres, le rôle politique de la franc-maçonnerie qui lui prête une réputation de faiseur de rois auprès de l’opinion publique à Madagascar. Il souligne ainsi que la franc-maçonnerie n’est ni un parti politique, ni un syndicat, ni autre chose.
« La franc-maçonnerie n’est pas plus faiseur de rois ici qu’ailleurs », réplique le grand maître du Grand Orient de France, qui dément tout rôle de l’organisation dans la course à la conquête du pouvoir dans un pays, dont Madagascar. « Notre vocation est de changer l’homme, pour changer la société », ajoute-t-il. Un processus qui part donc d’un effort individuel pour s’améliorer, ensuite « s’efforcer par le travail collectif pour en dégager l’intérêt général ».
Dans ce sens, Pierre Bertinotti met l’accent sur les valeurs que sont « l’humanisme, qui consiste à mettre l’humain au centre de toutes nos préoccupations et de nos décisions publiques », et « l’universalisme, qui suppose l’égalité de tous les êtres humains entre eux ». Ainsi le racisme ou toute forme de discrimination sont proscrits. Il souligne également trois principes que sont: « la tolérance réciproque, le respect de l’autre et la liberté de choix de chacun ».
Bien que le grand maître du Grand Orient de France affirme que la franc-maçonnerie n’a rien à cacher, les règles et rites d’initiation, mais aussi le fait que la majorité des membres préfèrent cacher leur appartenance à l’organisation contribuent à sa mystification. Au détour d’une discussion en aparté, il a été expliqué que les rites initiatiques sont une manière de matérialiser le passage de la vie d’une personne lambda à celle de franc-maçon avec ses valeurs et ses principes.
Les règles seraient une manière de se protéger, explique-t-il. « Je peux dire que je suis franc-maçon, mais je ne peux pas dire que quelqu’un d’autre l’est. L’engagement que nous prenons est de ne pas dévoiler le statut de celui qui est franc-maçon », souligne Pierre Bertinotti, qui explique que les règles sont surtout là pour se protéger. Il concède qu’aux yeux de la société la franc-maçonnerie a une image négative, pour des raisons historiques.
« Les francs-maçons visent l’émancipation de l’homme. Ce qui fait que tous les pouvoirs, quels qu’ils soient, ont des appréhensions vis-à-vis des francs-maçons. Les Églises, notamment l’Église catholique, n’ont pas vu d’un bon œil le développement de la franc-maçonnerie, toujours en raison de cette quête de l’émancipation de l’homme et de sa liberté de choix», explique-t-il, en ajoutant qu’il y a aussi « la théorie complotiste qui consiste à toujours chercher un bouc émissaire responsable de tous les problèmes».
Garry Fabrice Ranaivoson
