AMBOHITRIMANJAKA - L’installation d’une station d’eau contestée

Des habitants d’Ambohitrimanjaka refusant l’installation de stations de production d’eau dans leur quartier.

Des habitants d’Ambohitrimanjaka s’opposent au projet de mise en place d’une station de production d’eau dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable à Madagascar (PAAEP), financé par la Banque mondiale. Ils dénoncent notamment l’impact de cette infrastructure sur leurs activités économiques.

Ils se sont rassemblés hier, brandissant des banderoles pour exprimer leur opposition à l’installation de cette infrastructure. Dans une ambiance de mobilisation, ils ont également scandé des slogans pour affirmer clairement leur refus du projet.

 « Nous refusons la mise en place de ce projet, car il impacte directement nos activités génératrices de revenus. C’est sur ces terres que nous fabriquons des briques, cultivons du riz, pratiquons la pisciculture et faisons paître nos zébus, mais également que l’on retire du sable. Si ces terrains sont utilisés, où irons-nous ? », interpellent-ils.

Les contestataires estiment par ailleurs que, si les autorités souhaitent améliorer l’accès à l’eau potable, il serait préférable d’opter pour une distribution en bonbonnes au niveau des fokontany. Ils soulignent également avoir déjà engagé plusieurs démarches afin de régulariser leur situation.

Recensement

De son côté, la coordination du projet PAAEP indique que les discussions se poursuivent avec les autorités locales.

 « Nous sommes actuellement en phase de recensement des personnes touchées par le projet. Les personnes concernées seront indemnisées selon les terres ou activités sur leurs terrains impactés par le projet. Parallèlement, des discussions sont en cours avec les autorités locales. Ce projet est similaire aux infrastructures déjà existantes à Mandroseza. Il comprend notamment une station de production d’eau, un système de captage ainsi qu’une unité de traitement », a-t-elle indiqué à l’issue d’une discussion hier avec la coordination du projet.

Cette installation pourrait produire jusqu’à 30 000 m³ d’eau par jour, une capacité suffisante pour approvisionner plusieurs zones de l’ouest, dont Ambohitrimanjaka, Ambohidrapeto, Itaosy, entre autres.

 « Nous mettons également l’accent sur la communication et la sensibilisation de la population », poursuit la même source.

Une source auprès de la commune rurale d’Ambohitrimanjaka défend un projet qu’elle qualifie d’intérêt général. « Ce projet relève de l’intérêt public. La commune ne peut pas s’y opposer. Le PAAEP vise le développement et l’amélioration des conditions de vie de la population », a-t-elle expliqué.

Par contre, certains habitants se disent déjà favorables à la mise en place de ce projet dans leur quartier, estimant qu’il pourrait profiter à un grand nombre de personnes. « Si c’est pour le bénéfice de plusieurs personnes, pourquoi pas ? », avancent-ils.

Le projet, présenté comme une solution pour améliorer l’accès à l’eau potable dans les zones de l’ouest d’Antananarivo, continue ainsi de susciter des réactions contrastées sur le terrain.

Mialisoa Ida

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne