Major de la XXIe promotion Didier Ratsiraka du Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS) Madagascar, Mialitiana Kezia Andrianantenaina incarne un parcours d’excellence alliant sciences du développement, gouvernance publique et relations internationales. Dans cet entretien, elle revient sur son parcours académique, les enseignements tirés de sa formation au CEDS, les valeurs qu’elle souhaite transmettre aux jeunes et sa vision de l’économie bleue comme levier de développement durable.
Votre mémoire porte sur l’économie bleue. Quels étaient ses principaux objectifs ?
Mon mémoire poursuivait deux objectifs principaux. Le premier consistait à identifier les meilleures pratiques et les stratégies susceptibles de garantir que l’économie bleue profite de manière équilibrée aux dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable.
Le second visait à proposer des moyens et des outils adaptés permettant de prévenir, de suivre et d’analyser en temps réel les activités liées à l’économie bleue, afin de renforcer la gouvernance, la transparence et la gestion durable des ressources marines.
À travers cette recherche, l’ambition était de contribuer à une meilleure gestion des espaces maritimes et côtiers et de faire de l’économie bleue un véritable moteur de développement durable pour les États insulaires comme Madagascar.
Pouvez-vous nous en dire plus ? Quels en sont les principaux atouts et les principaux défis ?
L’économie bleue désigne un modèle de développement économique lié aux océans, aux mers et aux ressources aquatiques. Elle vise à exploiter ces ressources de manière durable afin de générer de la croissance, des emplois et de l’innovation, tout en préservant les écosystèmes marins.
Elle englobe notamment la pêche durable, le transport maritime, les énergies marines, le tourisme côtier et la biotechnologie marine.
Cette approche repose sur les trois piliers du développement durable :
Le pilier économique, à travers la création de revenus et d’emplois ;
Le pilier social, grâce au soutien des moyens de subsistance des populations côtières et à la sécurité alimentaire ;
Le pilier environnemental, par la préservation des écosystèmes marins et la gestion durable des ressources.
Une pêche durable bien encadrée, par exemple, permet de préserver les stocks de poissons, d’assurer des revenus aux pêcheurs et de garantir une alimentation stable aux populations.
Toutefois, la réussite de l’économie bleue dépend fortement d’une gouvernance efficace et du respect des principes de durabilité. Sans cela, elle risque de se transformer en simple exploitation des ressources marines au détriment de l’environnement et des communautés.
Comment en arrive-t-on à être Major d’une promotion qui porte le nom d’une personnalité politique d’envergure ?
J’ai suivi un parcours scolaire francophone. Aussi bien en primaire que dans le secondaire. J’ai obtenu un baccalauréat français.
Mon cursus universitaire s’est orienté vers les sciences du développement et les affaires publiques. J’ai obtenu un Master 2 en sciences sociales appliquées au développement et en économie du développement à l’Université catholique de Madagascar, puis un Master in Public Administration, spécialité diplomatie et relations internationales, auprès du CEDS Madagascar, diplôme délivré par le CEDS-Paris.
Mon parcours reflète ainsi une formation articulée autour des enjeux économiques, du développement, de la gouvernance publique et des relations internationales.
Quels enseignements ou quelles expériences retenez-vous de votre formation au CEDS que vous aimeriez partager ?
Au sein du CEDS, j’ai acquis de nombreuses compétences, dont certaines vont bien au-delà du cadre strictement académique. Comme je l’ai évoqué dans mon discours, cette formation a considérablement renforcé en moi l’esprit de persévérance, de patience et de solidarité.
Au-delà des connaissances acquises en matière de gouvernance, de diplomatie et de géopolitique, le CEDS a constitué pour moi un véritable cadre de maturation personnelle et professionnelle. Cet établissement apprend aux auditeurs à gérer des situations complexes, à faire preuve de discernement et à prendre des décisions adaptées dans des contextes exigeants.
Par ailleurs, le réseau tissé avec les anciens auditeurs illustre clairement cette volonté de renforcer l’unité et l’entraide afin de progresser collectivement.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux étudiants et aux jeunes d’une manière générale ?
En tant que major de promotion, j’aimerais transmettre plusieurs valeurs qui me paraissent essentielles, tant sur le plan académique que personnel.
Tout d’abord, l’indépendance et la persévérance, car elles permettent de surmonter les difficultés et de poursuivre ses objectifs avec détermination. Ensuite, la curiosité et l’audace, qui encouragent à explorer de nouvelles idées, à sortir de sa zone de confort et à saisir les opportunités d’apprentissage.
J’aimerais également souligner l’importance de la patience et de l’écoute, indispensables pour comprendre les autres, travailler efficacement en équipe et évoluer avec sagesse.
Enfin, par-dessus tout, je considère que l’humilité demeure une qualité fondamentale, car nous avons davantage à apprendre chaque jour, quelles que soient nos expériences ou nos réussites.
Hasina Giovanni
