SECTEUR PRIVÉ - Le salaire minimum rediscuté

Les syndicats de travailleurs ont proposé un nouveau montant pour le salaire minimum d’embauche. La décision du patronat est attendue cette semaine.

Des membres des syndicats des travailleurs lors de la négociation salariale  au sein du secteur privé, le 17 avril. 

Les négociations salariales reprennent dans le secteur privé. Des syndicats de travailleurs refusent le salaire minimum d’embauche de 300 000 ariary, déjà fixé par le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), le Groupement du patronat malagasy (FIVMPAMA) et la Conférence des travailleurs de Madagascar (CTM) au mois de février. Ils ont proposé 360 000 ariary lors de la dernière rencontre tripartite au sein du ministère du Travail aux 67 Ha, la semaine dernière. « Les syndicats les plus représentatifs ont estimé qu’il fallait suivre les évolutions en cours.

Le président de la Refondation de la République de Madagascar a annoncé une hausse des bourses, des salaires des fonctionnaires ainsi que de plusieurs indemnités, dont l’indemnité de logement. Dès lors, on s’interroge : pourquoi le secteur privé ne suivrait-il pas la même tendance ? », lance Barison Rakotomanga, du Randrana Sendikaly.

Le calcul de ces syndicalistes part des seuils mondiaux de la pauvreté indiqués par la Banque mondiale.

Faible pouvoir d’achat

 « La Banque mondiale a fixé le seuil de pauvreté à 3 dollars par personne et par jour dans les pays à faible revenu, tandis qu’il se situe autour de 4,2 dollars par personne et par jour dans les pays à revenu moyen. Dans notre cas, en tant que pays à faible revenu, le minimum, si l’on veut sortir de l’extrême pauvreté, devrait être de 3 dollars par jour, soit un seuil d’au moins 405 000 ariary. Cependant, dans le secteur privé, toute évolution doit se faire dans le cadre du dialogue social», poursuit ce syndicaliste pour justifier le montant du salaire minimum d’embauche qu’ils ont proposé. Les syndicalistes estiment que le pouvoir d’achat des travailleurs est très faible et qu’il devrait être « légèrement revalorisé ».

Les syndicalistes attendent la réponse du patronat au cours de cette semaine. « Les 300 000 ariary ont déjà été fixés en février. La situation sera examinée calmement, puis les membres prendront leur décision », indique une source auprès du GEM.

Faute d’accord entre les deux parties, les syndicats souhaitent laisser à l’État la responsabilité de trancher. « Il lui reviendra de prendre une décision. Ce n’est pas une première pour l’État, qui a déjà eu à intervenir dans ce type de situation par le passé. Reste à savoir s’il aura le courage de le faire à nouveau », note Barison Rakotomanga.

Miangaly Ralitera

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