Une mère rescapée raconte depuis son lit d’hôpital le drame survenu lors de la fête des mères, lorsqu’un accident sur la Rocade Iarivo a coûté la vie à son mari et à son fils cadet.
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| Norolalao Razaiarisoa, rescapée, raconte depuis son lit. |
Allongée sur son lit d’hôpital au CENHSOA, hier, Norolalao Razaiarisoa tente de mettre des mots sur le drame qui a bouleversé sa vie. Sa main droite, gravement blessée, a déjà été opérée. Les médecins assurent que son état n’inspire plus d’inquiétude. Son regard demeure toutefois marqué par l’épreuve.
Dimanche, jour de la fête des mères, elle a perdu son mari, Chef Rija, et son fils cadet, Kiady, dans un accident de la route survenu sur la Rocade Iarivo, à Amoronankona, dans la commune d’Ambohimangakely. Leur véhicule a franchi le séparateur de voies, percuté un poteau électrique avant de se renverser.
« Nous allions à Ambanitsena pour une sortie en famille avec les proches de mon mari », raconte-t-elle. À bord se trouvaient son époux, leur fils Kiady, elle-même, un couple et trois autres personnes, dont deux enfants âgés de 7 et 5 ans.
« Mon fils était assis à l’avant et mon mari conduisait. Ils sont morts sur le coup. »
Norolalao explique s’être assoupie durant le trajet, épuisée par une journée de travail la veille.
« D’habitude, je lui dis toujours de rouler doucement. Mais cette fois, j’étais trop fatiguée. Je n’ai pas vu ce qui a provoqué l’accident. C’est le choc, lorsque la voiture a heurté le séparateur puis s’est renversée, qui m’a réveillée. »
Aux urgences
Elle se souvient du verre brisé, des cris, puis de ses efforts pour s’extraire du véhicule et rejoindre le bas-côté.
« J’appelais : “Rija ! Kiady ! Je vais mourir ! Aidez-moi !” Mais personne ne répondait. »
Très vite, elle comprend que son mari et son fils sont grièvement atteints. « Mon enfant était juste à côté de moi. Il agonisait. »
Un Renault Kangoo de passage transporte alors les blessés vers l’hôpital.
« Nous étions trois à l’arrière. Mon mari, je ne l’entendais plus respirer. »
À leur arrivée, la confirmation tombe. Rija et Kiady ont succombé à leurs blessures. « J’ai entendu quelqu’un téléphoner aux urgences : “Rija et Kiady sont morts.” J’ai demandé à ma belle-sœur : “Alors c’est vrai ?” Elle m’a répondu : “Pardonne-moi, mais oui. Il faut que tu restes forte, ta tension est fragile.” »
Dans sa chambre d’hôpital, Norolalao pense désormais à ses autres enfants. L’aînée, installée à l’étranger, doit rentrer ce mardi à 14 heures. Un autre fils, resté à la maison, avait choisi de ne pas participer à la sortie familiale. « C’est quelqu’un de réservé, il n’aime pas beaucoup sortir », confie-t-elle.
Elle évoque également son mari, chef cuisinier à Mantasoa et traiteur. « Il était très apprécié », dit-elle simplement.
Son hospitalisation doit encore se poursuivre pendant soixante-douze heures. Sa sortie est prévue jeudi, à la veille des funérailles programmées vendredi. « Mon opération a eu lieu dimanche soir. C’est seulement maintenant que je commence à réaliser, à pleurer vraiment »,confie-t-elle d’une voix brisée.
Entre douleur physique et deuil, Norolalao Razaiarisoa tente de faire face à une tragédie qui a emporté une partie de sa famille.
Gustave Mparany
