Les difficultés d’accès à l’eau constituent une violence silencieuse pour les femmes, à Antananarivo. Elles affectent leur santé, leur sécurité et leurs revenus, en particulier pour les groupes les plus vulnérables. C’est ce que révèle une étude rapide menée en 2025. « Les femmes sortent chercher de l’eau entre 22h et 1h, puis à 3h du matin, parfois même en dormant près des bornes-fontaines, dans un contexte d’insécurité », expliquent les résultats présentés par Mathieu Narendra, d’Alternative Madagascar, lors d’une réunion de restitution multi-acteurs au Centell Antanimena.
Au-delà des risques pour la sécurité, l’accès limité à l’eau entraîne des pertes de temps et de revenus, ainsi que des conséquences sanitaires pour les ménages. Certaines femmes doivent se laver avec de l’eau insalubre, faute d’alternative.
L’enquête se poursuit, ainsi que les discussions avec les partenaires et l’État. L’objectif est de mettre en place un plan de plaidoyer. Garantir la sécurité aux points de distribution d’eau, surtout aux heures critiques, et améliorer l’accès à l’eau, même de manière modeste, pour les populations concernées figurent parmi les priorités, selon Mbolatiana Raveloarimisa, cofondatrice du mouvement Nifin’Akanga.
L’étude souligne que la gestion de l’eau repose principalement sur les femmes, aggravant les inégalités de genre et limitant leur autonomie économique. Selon les experts, améliorer l’accès à l’eau n’est pas seulement une question d’infrastructure : c’est un enjeu de justice sociale, d’égalité de genre et de développement durable.
Miangaly Ralitera