NOSY BE - Trois personnes meurent poignardées en une nuit

Trois personnes ont été tuées à coups de couteau lors d’attaques nocturnes à Nosy Be. Cette escalade de violence plonge l’île dans un climat de peur et d’insécurité.

Un conducteur de tricycle compte parmi les victimes.

On ne dort plus tranquille, chaque bruit nous glace le sang », a confié hier un hôtelier de Dzamandzar, à Nosy Be, horrifié par la violence qui s’est récemment abattue sur son quartier. « Nos clients viennent chercher le calme, mais aujourd’hui, c’est la peur qui rythme notre quotidien. » 

Une Française résidente, installée depuis 15 ans sur l’île, renchérit : « Je n’avais jamais vu ça. Nosy Be était synonyme de douceur de vivre, aujourd’hui, c’est l’angoisse. »

Ces paroles suffisent à mesurer l’onde de choc qui traverse l’île aux parfums. Dans la nuit de vendredi à samedi, trois personnes ont été mortellement poignardées. Le premier drame s’est produit sur la route d’Androhadroatra. Un chauffeur de tricycle qui venait de déposer un client a été attaqué et n’a pas survécu. Quelques kilomètres plus loin, à Dzamandzar, une pharmacie a été prise d’assaut. Deux personnes présentes sur les lieux ont été tuées, tandis que les criminels s’emparaient de l’argent avant de disparaître dans la nuit.

Trois morts en une seule nuit : jamais Nosy Be n’avait connu une telle série noire, selon les témoignages.

Actes concrets

Les habitants, sidérés, parlent d’un basculement soudain dans l’insécurité. Les ruelles autrefois animées se sont vidées, des familles se barricadent dès la nuit tombée, et les commerçants ferment plus tôt par crainte d’une nouvelle attaque.

Au-delà des meurtres, une inquiétante tendance se dessine. Les malfaiteurs ciblent désormais les lieux de soin. Le dispensaire de Hell-Ville a été cambriolé, le Centre de santé de base niveau II et une pharmacie de Dzamandzar Ampasy également. Ces attaques contre des établissements de santé, symboles de protection et de réconfort, frappent de stupeur une population qui se retrouve soudain entraînée dans une série de crimes barbares.

Les témoignages s’accumulent, les appels à l’aide se multiplient. Une « nuit rouge » a marqué l’île, joyau touristique. Chacun attend des actes concrets pour que la paix revienne. Le délégué au maire, Laurent Haja, appelle à la mobilisation et demande aux citoyens de livrer des informations sur ces bandes qui défient l’ordre public.

Gustave Mparany

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