Soupçonnés d’atteinte à la sûreté de l’État et de fomenter des troubles, les domiciles du député Augustin Andriamananoro et de Vyvato Rakotovao ont été perquisitionnés. Ce dernier a également été arrêté.
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| Photos du député Augustin Andriamananoro et de l’ancien gouverneur, Vyvato Rakotovao. |
«Atteinte à la sûreté de l’État et acte de déstabilisation ». Ce sont les motifs inscrits dans le mandat de perquisition du domicile du député Augustin Andriamananoro, à Faliarivo, selon son avocat, maître Aldine Andriamisetra Rabelaza.
La perquisition du domicile de l’élu du 1er arrondissement d’Antananarivo s’est déroulée samedi, de 18 heures 30 à 22 heures 45. Elle a été effectuée par des éléments de la brigade criminelle de la police, appuyés par quelques hommes de la gendarmerie. « Ils n’ont rien trouvé de suspect », affirme maître Rabelaza, qui a assisté aux fouilles effectuées par les forces de l’ordre. Le député Andriamananoro a été absent durant cette perquisition.
Selon des sources proches du membre de l’Assemblée nationale, il est sorti tôt le matin, samedi, et n’était pas encore rentré au moment de la fin de la perquisition. D’autres sources indiquent qu’il est introuvable jusqu’à l’heure. Par ailleurs, des éléments des forces de l’ordre sont postés devant le portail de son domicile depuis le milieu de la matinée, jusqu’au moment de la perquisition. Selon les explications, « ils attendaient la décision de levée de l’immunité parlementaire du député afin de pouvoir intervenir ».
Une réunion du bureau permanent de la Chambre basse se serait tenue samedi pour statuer sur une demande de levée de l’immunité parlementaire du député Andriamananoro.
Arrestation
« Sauf le cas de flagrant délit dûment constaté, la demande de levée de l’immunité parlementaire d’un député est présentée, par écrit, par le ministre de la Justice, garde des sceaux, au Bureau permanent de l’Assemblée nationale, lequel doit y apporter une réponse circonstanciée dans un délai de trois mois à compter de sa saisine », prévoit le règlement intérieur de l’institution de Tsimbazaza.
De prime abord, le bureau permanent de l’Assemblée nationale a donné son feu vert à la levée de l’immunité parlementaire d’Augustin Andriamananoro. Du reste, il semble qu’au-delà d’une perquisition, la démarche des forces de l’ordre de samedi était aussi de procéder à l’arrestation du député d’Antananarivo I. En parallèle aux faits à Faliarivo, en effet, une manœuvre similaire s’est déroulée à Andranomanelatra, Antsirabe.
Au motif d’« atteinte à la sûreté de l’État et acte de déstabilisation » également, comme le confirme une source auprès des forces de l’ordre, une perquisition a été faite au domicile de Vyvato Rakotovao, ancien gouverneur de la région Vakinankaratra, samedi. Présent sur les lieux, l’ancien responsable régional a été arrêté. D’abord gardé à vue au commissariat d’Andranomanelatra, il a été transféré à Antananarivo, hier matin.
Figures du parti « Tanora Malagasy Vonona » (TGV) et de la plateforme politique « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina » (Irmar), les deux personnalités politiques sont restées discrètes sur la scène publique depuis plusieurs semaines. Les voir soudainement embourbées dans une tourmente judiciaire au motif d’atteinte à la sûreté de l’État et d’acte de déstabilisation a étonné les observateurs.
Avec les faits de samedi, un nouvel épisode judiciaire contre des proches d’Andry Rajoelina, ancien président de la République, s’ouvre donc. Ceci, après celui concernant le général à la retraite Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, et la députée Marie Michelle Sahondrarimalala, ancienne ministre de l’Éducation nationale, actuellement en détention préventive, ou encore Soalihy Moussa, ancien chargé de mission à la présidence de la République.
Garry Fabrice Ranaivoson
