Depuis quelques jours, les échanges d’amabilités politiques se font de plus en plus entendre. Samedi, dans le Vakinankaratra, au milieu de sa tournée d’inauguration, le colonel Michaël Randrianirina a décoché une salve contre ses détracteurs.
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| Le colonel Randrianirina, durant l’inauguration du nouveau gymnase de Betafo, samedi. |
La reprise. Après les flottements de ces derniers mois, les acteurs ayant été probablement sonnés par la crise, la joute politique reprend ses aises au sein de l’espace public. Au regard des manœuvres qui se jouent et à entendre les discours, les états-majors politiques sont déjà en ordre de bataille pour la prochaine élection présidentielle.
Multipliant les sorties publiques depuis le début de l’année, le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, élude systématiquement toute question sur son éventuelle candidature à la magistrature suprême. Toutefois, ses actes, le ton de ses discours de plus en plus politiques et l’attitude de son entourage amènent à penser que son objectif est de conquérir la présidence de la République par les urnes. La publication de Siteny Randrianasoloniako, président de l’Assemblée nationale, la semaine dernière, selon laquelle il ne sera pas candidat à la présidentielle « tant que le colonel Randrianirina sera là », en dit long.
Depuis, le patron de la Chambre basse suit le locataire d’Iavoloha comme son ombre. Les descentes sur le terrain de l’officier supérieur se muent progressivement en tournée politique. Samedi, durant une tournée d’inauguration dans la région du Vakinankaratra, le Chef de l’État a été entouré d’un bataillon de ministres et d’une escouade de députés. « Je remercie également les députés très nombreux à avoir fait le déplacement, car la refondation ne pourra pas avancer sur un pied. Nous devons agir ensemble si nous voulons développer Madagascar », lance-t-il, lors de l’inauguration du nouveau gymnase de Betafo.
Cette présence massive des députés «pro-refondation», conduite par le président de l’institution de Tsimbazaza, ainsi que de certains membres du bureau permanent, pourrait être une manière d’affirmer leur cohésion. Ils sont en effet dans le creux de la vague, avec les appels à la dissolution de la Chambre basse. Par ailleurs, les précédents scénarios politiques indiquent que lorsqu’un probable ou aspirant candidat à la présidentielle veut faire une démonstration de force politique, il s’entoure de députés et de maires.
En tant qu’élus de proximité, les députés et les maires sont supposés être à même de mobiliser une masse électorale conséquente.
« Qu’ils se taisent »
Outre les tenants du pouvoir, d’autres courants politiques commencent aussi à donner de la voix sur l’espace public. Il y a ceux qui privilégient les sorties médiatiques et d’autres qui jouent aussi sur le terrain. Sur ce dernier point, il y a notamment le parti « Tiako i Madagasikara » (TIM), qui met un coup d’accélérateur à la redynamisation de sa base.
Marc Ravalomanana, ancien président de la République et fondateur du TIM, enchaîne les déclarations médiatiques. Tantôt, il tacle l’administration de la refondation, en demandant plus de visibilité sur le contour juridique et l’issue politique de cette période d’exception. Tantôt, il affirme son soutien au pouvoir, tout en soulignant « qu’il ne s’agit pas de soutien inconditionnel ». À Fianarantsoa, samedi, il a indiqué à la presse « qu’il est trop tôt pour parler de ma candidature ».
Par ailleurs, le fondateur du groupe Tiko affirme depuis quelque temps que le TIM doit durer, même sans lui. Que d’autres peuvent prendre le relais. Une réponse indirecte aux polémiques sur le fait qu’il pourrait ne plus être à même d’assumer le poids des fonctions présidentielles en raison de son âge avancé. Ses partisans, quant à eux, sont au taquet, traquant et pilonnant la moindre incartade du pouvoir transitoire sur les réseaux sociaux.
Bien que ses figures locales aient soit changé de bord, soit sous la coupe de poursuites judiciaires, le parti «Tanora Malagasy Vonona» (TGV) essaie tant bien que mal de rester audible dans les débats publics. Dans les médias, notamment, les Oranges jouent avec la fibre sentimentale et mettent en avant « les représailles politiques » contre leurs membres. Sur les réseaux sociaux, certains sont particulièrement critiques envers le pouvoir militaire.
Les réseaux sociaux, justement, redeviennent un terrain de guerres d’influence de l’opinion publique par le monopole ou la manipulation de l’information. Plusieurs pages prétendant être des médias d’information en ligne ont vu le jour depuis quelques jours. Certaines, qui étaient en veilleuse depuis quelques années, reprennent du service. Dans cette multitude de prétendus « nouveaux médias en ligne », les bords politiques auxquels sont affiliés les uns et les autres sont aisément lisibles. De prime abord, le colonel Randrianirina commence à être agacé par la tournure des débats sur Facebook et par les attaques contre lui.
Ces derniers jours, l’officier supérieur profite de chaque prise de parole en public pour fustiger ses détracteurs. « Ce que vous n’avez pas pu faire en seize ans, nous l’avons fait en trois mois, alors où sont les promesses en l’air ? (...) La personne qui affirme cela était au pouvoir durant au moins sept ans, d’autres durant seize ans, mais qu’ont-ils fait ? Ils ont appauvri la population. Aussi, qu’ils se taisent puisque nous ne sommes au pouvoir que depuis trois mois », lance-t-il face à la presse, samedi. Quant aux attaques en ligne contre lui, il affirme qu’il s’agit là d’actes « de personnes payées ».
Garry Fabrice Ranaivoson

Les politiques, les militaires pavanent ... pendant que le peuple apprend à nager !!! Sacrée refondation !! On n'a pas fini d'en baver !!! Mais certains adorent ça !!!
RépondreSupprimerLe trou du cul qui raisonne maintenant comme le PRAVDA des Russes et le parti communiste Chinois en pilonnant la démocratie ! On voit encore une tête de nœud qui dénigre avec sa petite cervelle !
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