Des élèves et des enseignants ont pris les rues de la capitale hier, exigeant la démission du directeur du Collège d’Enseignement Général (CEG) 67ha Avaratra Andrefana.
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| Des élèves du Collège d’Enseignement Général (CEG) de Betsimitatatra ont pris les rues de la capitale, hier. |
Hier, une vague de collégiens du Collège d’Enseignement Général (CEG) 67ha Avaratra Andrefana est descendue dans les rues de la capitale. Ils ont investi la place du 13 Mai. Courant et criant dans les rues, ils réclamaient la démission du directeur de leur établissement. La circulation a été perturbée sur les axes empruntés, notamment à Analakely.
« Les rues étaient complètement bloquées, impossible de passer. Les élèves couraient et criaient dans tous les sens », témoigne un automobiliste présent sur place hier.
Cette revendication ne vient pas uniquement des élèves. Les enseignants soutiennent également cette demande. Les élèves, de leur côté, affirment avoir été contraints de verser 3 000 ariary pour la construction de nouvelles infrastructures, lesquelles ne seraient toujours pas visibles.
Ils dénoncent également la collecte d’argent pour des tee-shirts d’uniforme. « Seuls des reçus ont été remis, sans livraison effective des vêtements. Les élèves qui ne portent pas ces tee-shirts se voient en outre renvoyés lors des cours d’Éducation physique et sportive (EPS) », ont-ils expliqué.
Un représentant des enseignants en grève explique : « Il y a un manque de transparence et l’usage de l’argent de la caisse de l’école reste opaque. Des abus de pouvoir sont également signalés. Si nos demandes ne sont pas prises en compte, nous suspendrons les cours au sein du CEG.
Enquête
Nous avons déjà déposé nos plaintes à plusieurs reprises, mais aucune réponse n’a été apportée. Cette action vise à protéger nos droits d’enseignants et à restaurer la valeur de l’enseignement et de l’éducation. Nous donnons 48 heures aux responsables pour répondre. Sans réponse, les enseignants cesseront d’enseigner et les élèves ne suivront pas les cours. »
Aucune explication n’a été fournie par le directeur de l’établissement. Une source au sein du ministère de l’Éducation nationale (MEN) a cependant apporté des précisions : « La Direction de l’Unité de Contrôle et d’Audit (UCA), chargée des enquêtes, de l’inspection et du contrôle des activités des directions centrales et régionales, ainsi que de l’enregistrement des doléances et de l’évaluation des services rendus, a déjà mené une enquête sur cette affaire, ouverte depuis décembre. Celle-ci est toujours en cours de traitement au sein du service, qui continue de superviser la situation et de proposer des solutions. Il est important de rappeler que les élèves n’ont pas le droit de manifester dans la rue. En attendant, le directeur reste à la tête de l’établissement. Nous attendons les conclusions de l’enquête. »
Le mouvement de protestation semble s’être quelque peu essoufflé.
« Cependant, il reste préoccupant que des élèves participent à des manifestations dans la rue. Même si leurs revendications sont légitimes, ce type de mobilisation n’est pas adapté aux mineurs et comporte des risques évidents pour leur sécurité. Nous ne savons pas s’il y aura des bousculades ou des incidents violents lors de ces rassemblements », témoigne Léonie Razafindraketaka, parent d’élève.
Mialisoa Ida
