La corde est tendue entre la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) et la Jirama, qui s’accusent mutuellement de factures impayées.
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| Bac à ordures laissé sans ramassage depuis plusieurs jours. |
Conflit financier. Le ramassage des ordures dans la capitale connaît depuis quelque temps des perturbations. La maire sortante, Harilala Ramanantsoa, en attribue la cause à plusieurs facteurs, notamment aux impayés de la Jirama.
« Depuis octobre, la Jirama n’a pas réglé à la CUA la redevance sur les eaux usées. Cette situation a eu des répercussions sur les dépenses et sur tous les besoins liés au ramassage des déchets dans la capitale », a-t-elle annoncé hier. Le montant de ces impayés serait de 750 millions d’ariary.
La Jirama n’a pas nié cette accusation, mais elle souligne à son tour l’existence de factures impayées de la CUA. « Un rapprochement devrait être effectué entre la Jirama et la CUA. La commune possède également des factures impayées, dont le montant dépasse les 750 millions d’ariary annoncés », indique une source au sein de la Jirama. Il s’agit de factures d’eau et d’électricité concernant de nombreux services de la CUA, comme les arrondissements, les bureaux administratifs, la bibliothèque ou encore la salle d’informatique. « Le responsable commercial de la Jirama a déjà proposé un rapprochement, mais la CUA n’y a pas répondu », ajoute la source.
Perturbations
La Société municipale d’assainissement (SMA) a annoncé la reprise des activités de ramassage des ordures depuis jeudi soir.
« Les salaires ont été réglés », indiquent ses agents, qui étaient en grève depuis lundi soir à cause du retard dans le paiement de leurs salaires. L’ancienne magistrate de la ville d’Antananarivo explique que ce retard résulte d’un enchaînement de circonstances, notamment de problèmes techniques liés au transfert des fonds de fonctionnement du Trésor public, ainsi que de la nomination du directeur général de la SMA au poste de chef de la région Sud-Ouest.
Dans les rues de la capitale, les déchets continuent de s’accumuler, parfois jusqu’à perturber la circulation dans certains quartiers comme Besarety ou Andraisoro, où les déchets s’éparpillent sur la chaussée. Des agents de la SMA témoignent d’une baisse du nombre de camions mobilisés depuis deux semaines. « Cette diminution des véhicules mobilisés entraîne l’abandon de plusieurs bacs à ordures », signale Jimmy Rakotondramanana, contrôleur et délégué du personnel auprès de la SMA.
Miangaly Ralitera
