Pour la vice-présidente de l’A.O.M.M.M, le maritime nécessite une vision stratégique à long terme.
En quoi la création de de l’Association des Officiers de la Marine Marchande de Madagascar (A.O.M.M.M.) peut-elle renforcer la compétitivité du secteur maritime malgache ?
La compétitivité maritime commence par la compétence humaine. En tant qu’officier issue du terrain, je sais que la performance d’un navire repose avant tout sur la rigueur et la préparation de ceux qui le dirigent. L’A.O.M.M.M. agit précisément à ce niveau. Nous réunissons plusieurs générations d’officiers afin de créer un cadre structuré de mentorat, de perfectionnement et d’harmonisation des standards professionnels. Notre conviction est simple : un secteur maritime fort repose sur des officiers techniquement solides, éthiquement responsables et continuellement formés.
Quel est aujourd’hui le poids économique du secteur ?
Madagascar est une nation insulaire. Le maritime n’est pas seulement un secteur économique pour Madagascar. C’est une colonne vertébrale stratégique que nous avons le devoir de structurer avec exigence et compétence. À travers notre expérience de terrain, nous constatons que le potentiel humain maritime malgache est considérable. Cependant, il peut être davantage structuré et valorisé, notamment en facilitant les passerelles entre navigation, formation et fonctions techniques à terre.
Le capital humain malgache est-il compétitif sur le marché mondial du transport maritime ?
Je le dis avec conviction: oui, il représente un atout majeur. Les officiers malgaches sont reconnus pour leur endurance, leur adaptabilité et leur sens de la responsabilité. Beaucoup évoluent déjà sur des lignes internationales exigeantes. Cependant, leur expertise mérite une reconnaissance plus large, notamment en matière de valorisation des brevets et d’opportunités à responsabilité à terre. C’est précisément l’un des engagements structurants de l’A.O.M.M.M.
Vous avez approché l’APMF, dans quel but ?
Notre démarche vis-à-vis de l’APMF, l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale, est constructive. Nous souhaitons instaurer un dialogue technique régulier, contribuer aux réflexions sur la formation continue et participer aux travaux visant à renforcer les standards professionnels. Notre posture est claire : nous sommes une force de proposition, animée par le souci d’excellence et de responsabilité.
Quelles seraient les réformes à envisager ?
Du point de vue de l’A.O.M.M.M., les priorités seraient la reconnaissance institutionnelle élargie des brevets maritimes, la mise à jour régulière des référentiels de formation, la création de passerelles entre navigation et fonctions techniques à terre, la structuration d’un cadre permanent de dialogue entre officiers et autorités.Notre ambition n’est pas seulement corporatiste, elle est nationale. Nous voulons faire du secteur maritime un pilier structuré du développement.
Irina Tsimijaly
