CANDIDATURE À LA PRÉSIDENTIELLE - La société civile veut être fixée sur la position du chef de l’État

Plusieurs organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme sur la conduite de la Transition. Elles demandent, notamment, au chef de l’État de clarifier ses intentions sur la présidentielle.

Des représentants des signataires de la déclaration des OSC, hier, à Ambatonakanga.

Trois cent vingt-neuf. C’est le nombre des Organisations de la société civile (OSC) signataires d’une déclaration lue devant la presse, hier, au siège du réseau d’OSC Rohy, à Ambatonakanga. Une déclaration dans laquelle elles demandent notamment au colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, de faire part, sans ambiguïté, de ses intentions vis-à-vis de la prochaine élection présidentielle.

« Dans un souci de transparence et afin d’éviter toute suspicion de conflit d’intérêts, la société civile demande au président de la Refondation de déclarer publiquement et sans ambiguïté son intention ou non de se porter candidat aux prochaines élections », soutiennent les OSC. Jusqu’ici, le locataire d’Iavoloha élude systématiquement la question sur ses intentions vis-à-vis de la prochaine course à la magistrature suprême.

L’appel adressé par les OSC au chef de l’État est inscrit parmi les pistes de solution qu’elles proposent « pour consolider la Refondation ». Néanmoins, en arguant que « si l’engagement est réellement motivé par le patriotisme et non par l’intérêt personnel », elles « exigent que les responsables politiques ou les citoyens envisageant de briguer un mandat électif national (Président, députés ou sénateurs) ne puissent exercer des responsabilités étatiques et occuper des fonctions de haut niveau au sein des institutions de Transition ».

Par ailleurs, l’une des raisons de la déclaration des OSC, hier, est d’affirmer leurs préoccupations sur la conduite de la Transition. « (...) la société civile et les citoyens malgaches expriment aujourd’hui leurs inquiétudes quant à l’avenir de la refondation et des réformes promises et pour lesquelles ils ont lutté. En effet, à ce jour, aucune concertation inclusive pour définir la feuille de route et les modalités de gestion de la transition n’a été organisée», soutiennent-elles.

Dérives

«Plus préoccupant encore, certains discours politiques tendent à nier la nature transitoire de la gouvernance actuelle et cultivent une confusion préjudiciable à la confiance citoyenne, en argumentant que Madagascar continuerait de fonctionner dans le cadre d’un régime pleinement constitutionnel et légitime», ajoutent les OSC. Pour elles donc, la concertation nationale, inclusive, devrait accoucher d’une «feuille de route» encadrant la conduite de la Transition.

La déclaration dénonce également ce qu’elles qualifient de «dérives». Les OSC citent, entre autres, «le retour de pratiques de gouvernance dépourvues de concertation et de transparence, notamment des nominations sans critères de compétences clairs, favorisant le népotisme, le clientélisme et la défense d’intérêts particuliers aussi bien économiques que politiques», ou encore, «l’absence d’une réelle volonté de refondation par la rupture avec les anciennes pratiques, au profit d’une continuité qui ne bénéficie qu’à une minorité».

Les OSC pointent aussi du doigt «la prédominance de calculs politiques visant à consolider durablement des positions de pouvoir, en l’absence d’une feuille de route claire fondée sur un consensus national qui devrait encadrer les décisions et actions des responsables à tous les niveaux». Pour y remédier, parmi les pistes de solution proposées par la société civile figure l’organisation urgente d’une concertation nationale sur la gestion de la Transition.

Les OSC demandent aussi «la priorisation des revendications fondamentales exprimées par la population durant les manifestations». L’accélération des réformes institutionnelles et électorales fait également partie des pistes de solution.

Garry Fabrice Ranaivoson

2 Commentaires

  1. Le langage de la clarté est rarement celui politique;.
    Celui évoqué par la société civile devrait ouvrir les yeux des personnes dépositaires de responsabilité pour accorder plus de considération aux attentes et aspirations des citoyens si refonder reste un objectif.
    Pour dissiper toutes velléités de discorde post - électorale ,le moment est venu de décider fermement que tout président ayant occupé la fonction de chef d'état dans n'importe quelles circonstances que ce soit doit se voir interdit à participer à toute élection présidentielle..
    Les cas de figure d'échecs d'avant ont été nombreux pour apprendre à grandir et à en tirer des leçons.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La clarté en politique n'est pas l'apanage d'un donneur de leçons qui rase les murs sautant sur l'occasion et qui se " bande " aux moindres incantations opportunistes face au contexte . Il est très mal placé pour un thuriféraire d'un tyran pourri dégagé du pouvoir de faire étalage d' un discours faux pour se faire un semblant " directeur de conscience " . Apprenez que les politiques ont la légitimité d'un mandat " électif " et que la société civile a une redevabilité vis à vis des bailleurs de fonds surtout quand on voit le niveau d'éducation politique et citoyenne reste aussi lamentable !

      Supprimer
Plus récente Plus ancienne