PRODUITS ALIMENTAIRES - Gezani détruit des stocks massifs

Le cyclone Gezani a détruit d’importants stocks alimentaires à Toamasina. Cette situation menace l’approvisionnement local et fragilise les activités économiques.

Les dégâts causés par Gezani confirment la violence de celui-ci.

À Toamasina, le passage du cyclone Gezani a provoqué la destruction massive de denrées alimentaires, mettant en péril l’approvisionnement local et les moyens de subsistance de milliers de familles. Riz, farine, fruits et produits de rente ont été endommagés, tandis que les entrepôts et hangars des importateurs et exportateurs sont partiellement ou totalement détruits.

La ville portuaire de Toamasina est confrontée à une crise alimentaire sans précédent après le passage dévastateur du cyclone Gezani. Les vents violents et les pluies torrentielles ont provoqué la destruction d’un grand nombre de denrées stockées dans les magasins, entrepôts et coopératives locales.

Selon Robert Rakotonirina, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie de Toamasina, « les produits alimentaires périssables ont été gravement endommagés. Même si certaines pertes ne sont pas immédiatement visibles, elles se feront ressentir dans les jours à venir ». Il précise que la situation concerne non seulement les denrées stockées dans les magasins, mais également celles produites en zone forestière ou gérées par des coopératives. « Dans certaines coopératives, toutes les récoltes de manioc ont été perdues et de nombreux entrepôts sont désormais inutilisables », ajoute-t-il.

Enveloppe

Les hangars des importateurs et exportateurs n’ont pas résisté aux vents violents qui ont soufflé pendant plusieurs heures, détruisant le riz, la farine et d’autres produits de première nécessité. Les fruits et produits de rente destinés à l’exportation ont également subi d’importants dommages. Même les marchandises transportées dans les camions n’ont pas été épargnées. « La perte est massive et affectera l’approvisionnement local dans les semaines à venir », précise Rakotonirina. Il souligne que, pour l’instant, la situation ne se fait pas encore sentir, mais que tout Madagascar risque d’en ressentir l’effet.

Le Grand Port de Toamasina, principal centre d’importation et d’exportation du pays, a lui aussi été gravement touché. Heritiana Anicet Randriambahoaka, directeur général de la Société du Port autonome de Toamasina (SPAT), estime qu’« une enveloppe d’environ 1,85 million d’euros est nécessaire pour remettre le port en état et relancer les activités ».

Pour faire face à la crise, une rencontre a été organisée à l’Hôtel Marina Beach entre les opérateurs du secteur privé de Toamasina et le représentant de la Banque mondiale à Madagascar, Atou Seck. Le député Roland Ratsiraka, ainsi que plusieurs responsables locaux et acteurs économiques, étaient présents. La réunion a permis de discuter des priorités pour relancer l’économie et soutenir les entreprises touchées par le cyclone.

Parmi les mesures envisagées : « l’aide à la reconstruction des infrastructures et entrepôts », « l’accès à des lignes de crédit à taux préférentiels », « l’échelonnement des prêts existants » et « la gestion des salaires des employés affectés ». La Banque mondiale prévoit l’envoi prochain d’experts pour évaluer les impacts et proposer des stratégies adaptées.

Irina Tsimijaly

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne