COMMERCE INTERNATIONAL - Madagascar plaide pour sa filière cacao à la Cnuced

À Genève, Madagascar défend son cacao et les revenus de ses producteurs.

Le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo à Genève.

Cette semaine à Genève, le cacao malgache a trouvé une tribune internationale. Au Palais des Nations, Madagascar a pris part à la Conférence internationale sur le cacao 2026, du 10 au 13 février, aux côtés des pays membres de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et du Centre du commerce international (ITC).

Un entretien bilatéral est programmé ce vendredi 13 février 2026 entre le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo et le secrétaire général adjoint de la Cnuced, Pedro Manuel Moreno. Cette rencontre doit permettre à Madagascar de défendre ses priorités dans les discussions internationales sur l’avenir du secteur.

Le Premier ministre, accompagné de sa délégation, est venu rappeler que le cacao n’est pas un simple produit d’exportation. 

« Derrière chaque fève, il y a un producteur, une famille, une région qui attend que le commerce international soit plus juste », a confié un responsable malgache en marge des discussions.

L’un des dossiers centraux concerne la présentation et la négociation du futur accord international sur le cacao, appelé à succéder à l’Accord international sur le cacao de 2010. 

« Ce nouvel accord doit mieux prendre en compte la réalité des pays producteurs, la durabilité de la filière et la juste rémunération des planteurs », a indiqué un membre de la délégation malgache.

Madagascar produit aujourd’hui près de 15 000 tonnes de cacao par an, contre environ 7 000 tonnes il y a une dizaine d’années. Cette progression s’appuie sur la reconnaissance internationale du label « cacao fin », intégralement renouvelé, qui permet au pays de mieux se positionner sur les marchés premium et d’obtenir de meilleurs prix.

Structurer la filière

À Genève, les échanges avec la Cnuced permettent également de mettre en lumière les efforts engagés au niveau national. La création du Conseil national du cacao a marqué une étape importante dans la structuration de la filière. « Nous avons besoin de règles claires et d’un dialogue constant entre l’État, les exportateurs et les producteurs », a expliqué un membre de la délégation.

Lors de sa première réunion, en janvier 2025, le Conseil a dressé un bilan jugé encourageant, avec une hausse des volumes exportés et de la valeur générée.

Pour Madagascar, la filière cacao constitue un produit d’exportation stratégique. Cette position s’est construite au fil des dernières années. En 2023, le pays a engagé une démarche internationale auprès de l’Organisation internationale du cacao, avec la participation d’une délégation à Abidjan (Côte d’Ivoire). Cette initiative a abouti à la décision d’organiser un Panel international sur le cacao fin.

L’autre priorité reste la transformation locale. Longtemps exporté à l’état brut, le cacao malgache commence à être transformé sur place, notamment à Ambanja. 

« Transformer le cacao chez nous, c’est garder la richesse au pays et créer des emplois durables », a souligné un responsable du secteur.

Irina Tsimijaly

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