Le cyclone Gezani a laissé derrière lui des dégâts considérables à Madagascar, touchant cinq régions et 25 districts, avec plus de 350 000 personnes sinistrées. Pour répondre à cette catastrophe, le gouvernement a annoncé samedi un besoin de financement de plus de 610 milliards d’ariary (142,4 millions de dollars) afin de financer la réponse d’urgence, la reconstruction et la relance des villes affectées.
Lors de la cérémonie officielle de déclaration de l’état de sinistre national, présidée par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo au ministère des Affaires étrangères, les partenaires techniques et financiers ainsi que les bailleurs de fonds ont été informés de l’ampleur des besoins. Le Premier ministre a souligné que « les impacts du cyclone affectent l’ensemble de l’économie et la vie quotidienne des populations » et a appelé à « renforcer la résilience face aux aléas climatiques ».
Selon le dernier bilan du Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC), le cyclone a endommagé ou détruit plus de 87 000 habitations, dont 23 190 inondées, 42 219 partiellement endommagées et 21 926 totalement détruites. Le secteur éducatif a également été lourdement impacté, avec de nombreux établissements scolaires affectés. Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana, a rappelé « l’ampleur des destructions » et lancé un appel à « une mobilisation nationale et internationale pour soutenir le relèvement des villes et villages ».
Aides matérielles et logistiques
Plusieurs partenaires internationaux se sont rapidement mobilisés. L’Union Européenne, la France, l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg ont annoncé des aides matérielles et logistiques : tentes, couvertures, kits de cuisine, filtres à eau, modules de télécommunications et soutien humanitaire sur le terrain. Les opérations sont coordonnées avec le BNGRC pour assurer une distribution rapide et ciblée.
La Banque mondiale, pour sa part, a débloqué 37 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats de 40 000 ménages. Selon le représentant résident à Madagascar, Atou Seck, « La Banque mondiale est pleinement engagée aux côtés de Madagascar pour aider les populations à restaurer leurs moyens de subsistance, soutenir la reprise économique et reconstruire de manière plus résiliente, plus sûre et plus durable ».
Enfin, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a accordé un million de dollars à Madagascar pour soutenir les populations les plus vulnérables. L’IFRC a précisé que « cette enveloppe sera immédiatement mobilisée à partir du fonds d’urgence pour les catastrophes » et qu’elle se concentrera sur « la fourniture d’abris temporaires, de soins de santé, d’accès à l’eau potable, d’actions d’assainissement et de protection des personnes les plus vulnérables ». Un appel international de 7,5 millions de francs suisses sera également lancé pour renforcer l’assistance.
Face à cette catastrophe, les autorités insistent sur « la coordination et la transparence de l’aide », afin que chaque fonds et chaque matériel atteigne rapidement les villes et quartiers sinistrés.
Irina Tsimijaly