Le cyclone Gezani a dévasté la région Atsinanana, notamment la ville de Toamasina, qui serait détruite jusqu’à 90 %. Le bilan provisoire rapporte trente-et-un morts et plus de deux cent cinquante mille sinistrés.
![]() |
| Une image de la ville de Toamasina, dévastée suite au passage de Gezani. |
Un sinistre national. Il a été déclaré officiellement durant le Conseil des ministres d’hier. Comme l’explique la communication faite durant la réunion de l’Exécutif, la décision est imposée par le constat « des dégâts colossaux », engendrés par le passage de la tempête tropicale Fytia, il y a quelques jours, mais surtout de celui de la tempête tropicale intense Gezani, lundi et hier.
Le passage du cyclone Gezani a particulièrement marqué les esprits. Il a dévasté la région Atsinanana, particulièrement Toamasina et ses environs, qui seraient détruits jusqu’à 90 %, selon le Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC). Le bilan provisoire publié hier, à 16 heures, rapporte aussi trente-et-un morts et plus de deux cent cinquante mille sinistrés.
Comme l’a indiqué le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, à Toamasina, hier, la déclaration de sinistre national s’accompagne d’un appel à l’aide tous azimuts, autant au niveau national qu’envers les partenaires internationaux afin de faire face aux urgences et pour la reconstruction. Lui et son épouse, présents à Toamasina depuis lundi, ont vécu le passage de Gezani dans la ville. Ils ont pu constater de visu l’ampleur des dégâts dès les premières accalmies des intempéries.
À l’exemple de l’état chaotique dans lequel se trouve Toamasina, le relèvement post-cyclonique sera rude. Il y a les aides d’urgence, mais il faut aussi prendre en compte les aides au relèvement dont chaque ménage aura besoin.
Accès à des fonds d’aide
Il faudra également reconstruire les infrastructures publiques et anticiper d’éventuelles pénuries en raison des dégâts sur la production agricole et le système d’approvisionnement des marchés. « La situation actuelle dépasse les capacités de Madagascar à elle seule », reconnaît le locataire d’Iavoloha.
En termes de mobilisation des partenaires internationaux, Anthony Ngororano, coordonnateur résident du Système des Nations Unies (SNU), a réaffirmé l’engagement de l’ONU en faveur du relèvement des zones affectées par les intempéries. Durant une rencontre avec Christine Razanamahasoa, ministre des Affaires étrangères, mardi, le diplomate a parlé d’une « contribution humanitaire de 5 millions de dollars ».
La déclaration de sinistre national officialisée hier devrait également permettre l’accès aux fonds prévus dans le Programme régional de préparation aux situations d’urgence et de relèvement inclusif (REPAIR), en partenariat avec la Banque mondiale. Une réunion du comité technique et du comité de pilotage de ce programme s’est justement déroulée au ministère de l’Économie et des Finances, hier après-midi.
Le but du programme REPAIR est d’avoir accès, « en quelques jours », à des fonds d’urgence et de relèvement face aux crises climatiques par un système de prédisposition des ressources. Selon les informations, une enveloppe de 10 millions de dollars pourrait être disponible rapidement à la requête de l’État. En principe, cette requête a déjà été faite. Par ailleurs, Madagascar peut aussi s’appuyer sur un autre projet de la Banque mondiale, à savoir le Projet contingent d’intervention d’urgence (CERP), qui est un financement de projet d’investissement.
« Le CERP peut fournir à Madagascar un accès rapide au financement des prêts d’investissement de l’Association internationale de développement (IDA) face à une crise ou une urgence imminente, ou après une crise ou une urgence éligible », indique le document-cadre du projet. Certes, mais face à l’étendue des dégâts et des besoins, toutes les aides seront les bienvenues.
Garry Fabrice Ranaivoson
