Édifiée en 1837 à Ambodifotatra, l’église catholique de Sainte-Marie s’impose comme l’un des plus anciens et des plus précieux témoins de l’implantation du catholicisme à Madagascar.
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| L’église catholique de Sainte-Marie à Ambodifotatra, récemment restaurée et repeinte, conserve son charme historique. |
L’église de Sainte-Marie franchit une étape décisive de son histoire. Le gouvernement malgache a officiellement enclenché la procédure d’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Engagée depuis 2023, cette démarche a mobilisé historiens, architectes, spécialistes du patrimoine, experts en environnement et techniciens des ministères concernés. La candidature porte sur le noyau patrimonial du site : l’édifice, son architecture, son mobilier, ses archives historiques ainsi que son environnement culturel. Les évaluations effectuées sur place ont confirmé la conservation des éléments patrimoniaux, matériels et immatériels.
Construite en 1837 à Ambodifotatra, au cœur de l’île de Sainte-Marie, l’église demeure l’un des plus anciens sanctuaires catholiques encore existants et actifs du pays. Elle est l’œuvre de Pierre Dalmond, arrivé à Madagascar en 1835.
Après avoir bâti une première église en bois à Fort-Dauphin — construction fragile qui ne résista pas — il fit ériger celle de Sainte-Marie deux ans plus tard. Cette seconde réalisation est la première à avoir traversé le temps jusqu’à aujourd’hui.
Né en juillet 1800 et décédé en 1847, Pierre Dalmond fut le premier évêque lié à cette mission. Il repose à l’intérieur même de l’église ; son tombeau, conservé dans une vitrine, reste visible des fidèles et des visiteurs.
Préservée
L’église s’inscrit dans une période où le christianisme traversait de fortes persécutions, notamment sous le règne de Ranavalona I. Elle constitue ainsi un jalon essentiel de l’implantation catholique dans la Grande Île, au XIXe siècle, dans un contexte de diffusion missionnaire à l’échelle mondiale. La figure de Jean-Jacques Berthieu, étroitement liée à Sainte-Marie, renforce encore la portée historique et spirituelle du lieu.
Malgré des rénovations récentes, l’intégrité architecturale a été préservée. À l’origine, la construction reposait notamment sur un mélange intégrant du blanc d’œuf. Aujourd’hui, le ciment et le bois ont été introduits, et l’intérieur a presque entièrement été renouvelé. Toutefois, la forme générale du bâtiment n’a pas été modifiée, et la couleur actuelle a été harmonisée avec celle d’autrefois.
Certains éléments demeurent inchangés, notamment l’autel offert par l’impératrice Eugénie de Montijo, épouse de Napoléon III. L’agencement intérieur conserve également sa configuration d’origine: quatre rangées de tables destinées aux fidèles, précédant l’autel et l’espace réservé aux chœurs.
Aujourd’hui encore, les célébrations s’y tiennent régulièrement. Les messes dominicales sont célébrées à 6 heures et à 8 heures du matin, tandis que les offices en semaine se déroulent de 6 heures à 7 heures.
Cassie Ramiandrasoa
