Les paramédicaux alertent sur la pénurie de personnel et soulignent le rôle crucial des bénévoles. Ils ont manifesté hier à Antanimbarinandriana pour réclamer un recrutement massif.
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| Des paramédicaux bénévoles ont manifesté hier à Antanimbarinandriana pour réclamer un recrutement massif. |
Le manque de personnel de santé demeure criant. Dans certains CSB, seulement deux titulaires sont présents, une situation qui rend impossible la prise en charge des patients sans l’appui des paramédicaux bénévoles. « Ces derniers interviennent dans de nombreux services : consultations, accouchements, vaccinations, accueil des patients… Sans eux, les files d’attente seraient interminables, impactant directement la qualité des soins », a expliqué Mickaël Andrianarimanitra, président des paramédicaux sortants IFIRP Madagascar-LMD, lors d’une rencontre avec la presse hier à Antanimbarinandriana.
Face aux coûts élevés des soins dans les cliniques privées, de nombreux patients se tournent vers les hôpitaux publics, où le rôle des bénévoles devient encore plus crucial. Les représentants des paramédicaux alertent sur les conséquences, notamment le fait que le personnel en poste est surchargé. Dans les zones rurales, certains agents doivent gérer seuls la vaccination, les consultations externes et l’éducation sanitaire. En cas d’urgence, toutes les autres tâches doivent être suspendues, comme lors d’un accouchement, entraînant de longues attentes pour les patients.
Sans emploi
Aujourd’hui, 25 000 paramédicaux diplômés sont sans emploi. La situation est aggravée par le départ annuel d’environ 800 agents de santé à la retraite, alors qu’aucun recrutement n’a été effectué depuis 2020, que ce soit pour les médecins, les paramédicaux ou le personnel administratif. Pour les paramédicaux publics (IFIRP), environ 1 500 étudiants ont été diplômés entre 2020 et 2023 avec un engagement de service de dix ans pour la nation. « Or, aucune embauche n’a eu lieu depuis cinq ans. Ces jeunes diplômés se tournent vers le privé, mais craignent que leur contrat ne soit pas renouvelé si un recrutement public intervient », poursuit le président des paramédicaux sortants IFIRP Madagascar-LMD.
« Les paramédicaux bénévoles assument pourtant les mêmes responsabilités que les titulaires, dont l’accueil et la prise en charge des patients, l’administration des médicaments, le suivi médical aux côtés des médecins. Leur motivation principale est d’éviter le chômage et de continuer à pratiquer leur métier », souligne Koloina Ramanantsafidy, membre actif des paramédicaux privés.
« Dans certains services, six agents sur huit sont bénévoles, rendant parfois difficile la prise en charge optimale des patients », a expliqué une source auprès d’un centre hospitalier, hier.
« Un protocole d’accord avait été signé avec le ministère de la Santé publique, mais seuls 10 % des engagements ont été respectés. Le dernier recrutement massif date de 2020, et depuis cinq ans, seuls 500 postes budgétaires ont été proposés », insiste le président des paramédicaux sortants IFIRP Madagascar-LMD.
Les représentants avertissent que le mouvement pourrait entraîner une suppression progressive du bénévolat si aucune solution durable n’est mise en œuvre. Ils annoncent la poursuite et l’intensification des actions dans les prochains jours.
Mialisoa Ida
