TRANSPORT URBAIN - L’anarchie gagne les rues de Tanà

Le chaos s’installe dans les rues d’Antananarivo. Certains transporteurs circulent sans respecter les règles, mettant en danger la sécurité des usagers.

Des taxis-bicyclette en service dans les rues d’Anosibe.

Circuler dans les rues d’Antananarivo devient de plus en plus dangereux et source de nombreuses perturbations pour les usagers des transports en commun. L’anarchie s’y installe davantage. Des transporteurs agissent à leur guise, sans respecter ni le code de la route ni leur cahier des charges.

À Anosibe, des conducteurs de taxi-bicyclette empruntent la voie rapide, pourtant réservée aux véhicules à quatre roues. Les automobilistes qui les suivent se retrouvent dans l’impossibilité de les dépasser, car ces derniers roulent au milieu de la chaussée à une vitesse proche de celle des voitures. « Même si vous klaxonnez pour les prévenir que vous allez les dépasser, ils ne se déplacent pas », déplore Marc Herisoa, automobiliste. Des taxis-bicyclettes arrivent jusqu’en centre-ville, qui leur est pourtant interdit.

Les chauffeurs de taxi-be sont également pointés du doigt par les passagers, qui dénoncent des pratiques abusives. « Ils affirment qu’ils retournent à mi-chemin, mais ils vont jusqu’au terminus. Et si, arrivés à l’arrêt qu’ils ont annoncé, vous ne descendez pas, ils vous obligent à payer un second ticket de 600 ariary », se plaignent des usagers de la ligne E reliant Ambohimangakely à Andravoahangy.

Redynamisation

Des passagers affirment subir la même mésaventure sur certaines lignes urbaines. « Le receveur d’un bus de la ligne 144 nous avait indiqué qu’il s’arrêterait à l’arrêt Vatosoa et a fait descendre ceux qui allaient plus loin. Mais une fois arrivés à cet endroit, le bus a poursuivi sa route jusqu’au terminus », témoigne Lian-tsoa, usager des transports en commun.

L’Agence des Transports Terrestres (ATT) indique recevoir régulièrement des signalements concernant des bus qui ne respectent pas les trajets inscrits dans leurs cahiers des charges. Les transporteurs, de leur côté, justifient ces pratiques illégales par les embouteillages. « La circulation nous fait perdre énormément de temps. Nous avons du mal à atteindre le versement quotidien, car nous ne parvenons à effectuer que trois allers-retours par jour au maximum », explique Narindra Rasolomalala, transporteur.

Le président de l’Union des coopératives de transport suburbain, Fidy Rakotoarimanana, affirme que des mesures ont déjà été prises au sein des coopératives. Toutefois, il reconnaît que « les transporteurs sont très têtus et continuent d’agir comme bon leur semble ». Il appelle ainsi à la redynamisation de la commission mixte de contrôle afin de faire respecter la réglementation.

Une source au sein de l’ATT conseille aux usagers de signaler ces infractions auprès de l’Agence pour les lignes suburbaines, et auprès de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) pour les lignes urbaines.

Concernant les taxis-bicyclettes, une source policière indique que des opérations d’assainissement sont menées quotidiennement. Une campagne de sensibilisation des usagers de la route, destinée à prévenir les accidents de circulation, serait lancée à partir de ce jour. Selon cette même source, cet assainissement relève d’une responsabilité partagée entre les différents acteurs de la route.

Miangaly Ralitera

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