La coopération militaire entre Madagascar et la France se renforce dans le domaine des drones. Ce mardi, à Antananarivo, les deux pays ont officialisé un accord portant notamment sur la formation de militaires malgaches au pilotage, à l’utilisation et à la maintenance de ces équipements.
![]() |
| La signature de l’accord marque une nouvelle étape dans la coopération militaire entre Madagascar et la France, notamment dans le renforcement des capacités liées aux drones. |
Huit militaires, issus notamment des forces aériennes et navales, ont bénéficié de cette formation dans le cadre du renforcement des capacités opérationnelles des Forces armées malgaches.
La visite officielle à Madagascar de la ministre française des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a été marquée par plusieurs échanges avec les autorités. Après une rencontre à Ampahibe avec le ministre des Forces armées, la coopération militaire entre les deux pays s’est concrétisée à Ambohibao par la signature d’un accord et la remise d’équipements destinés aux forces malgaches.
L’objectif ne consiste pas uniquement à fournir du matériel. La coopération prévoit également un transfert de compétences afin de permettre aux militaires malgaches de maîtriser progressivement les appareils. Huit militaires, provenant notamment des forces aériennes et navales, ont ainsi suivi une formation consacrée au pilotage et à l’utilisation tactique des drones.
Une première partie de l’apprentissage a porté sur la théorie, les simulations, les systèmes de l’appareil et les procédures de maintenance. Cette étape est désormais complétée par une phase de mentorat directement sur site. Les militaires sont confrontés aux conditions réelles d’utilisation afin de progresser jusqu’à l’autonomie. La maintenance des drones doit également être assurée par les équipes malgaches, renforçant ainsi leurs compétences techniques.
Capacités de surveillance
Cette autonomie constitue l’un des principaux enjeux de cette coopération. Pour les partenaires français, la fourniture de matériel ne suffit pas à construire une capacité opérationnelle : la doctrine, l’organisation, les ressources humaines, l’entraînement et le soutien technique doivent également être développés.
Les drones peuvent répondre à plusieurs besoins des forces malgaches. Ils permettent notamment d’observer des zones difficiles d’accès, de surveiller de vastes espaces, de rechercher des personnes disparues ou encore d’appuyer les militaires engagés sur le terrain. Ils peuvent également contribuer à la surveillance dans le cadre de la lutte contre les vols de bétail, une mission qui mobilise fortement les forces malgaches.
Plusieurs types d’appareils sont prévus. Une première série de petits drones doit renforcer les capacités de surveillance à courte distance, tandis que des appareils disposant d’une portée et d’une autonomie plus importantes compléteront progressivement le dispositif.
Parmi eux figure un drone à décollage et atterrissage verticaux, capable d’atteindre environ deux heures et demie d’autonomie. Sa livraison est prévue au début de l’année 2027, avec la possibilité d’une arrivée anticipée en décembre 2026.
Au-delà de l’aspect militaire, ces nouvelles capacités peuvent avoir un impact sur la protection des populations. Dans les zones isolées ou difficiles d’accès, l’observation aérienne peut faciliter la localisation de personnes, améliorer la surveillance et aider les équipes au sol à intervenir plus rapidement. La coopération franco-malgache cherche ainsi à transformer les équipements reçus en compétences durables au service des missions des Forces armées malgaches.
Lucia Rabarijaona
