![]() |
| Le district d’Andramasina est un producteur important de pommes de terre. |
À Ambohijanaka, dans le district d’Andramasina, certains producteurs vendent actuellement la pomme de terre à 300 ariary le kilo. Cette baisse intervient alors que les dépenses de production restent importantes. Les agriculteurs doivent acheter des semences, des engrais et des produits de traitement, auxquels s’ajoutent les dépenses liées à la main-d’œuvre.
À titre indicatif, les dépenses nécessaires à la culture de 100 kg de pomme de terre sont estimées entre 85 000 et 105 000 ariary. Les semences représentent environ 45 000 à 60 000 ariary. L’engrais coûte autour de 20 000 à 25 000 ariary, tandis que les traitements et la main-d’œuvre sont estimés à environ 10 000 ariary. Ces montants restent approximatifs et peuvent varier selon les besoins de chaque producteur. Le producteur dépense donc au minimum 85 000 ariary pour produire 100 kg de pomme de terre qu’il va vendre 30 000 ariary, soit une perte de 55 000 ariary minimum.
Écart important
À la source, le prix du kilo de pomme de terre se vend entre 300 et 500 ariary selon les producteurs. Sur certains marchés locaux, il atteint 1 000 ariary. À Antananarivo, des vendeurs proposent la pomme de terre jusqu’à 2 500 ariary le kilo, selon les points de vente. L’écart entre le prix payé aux producteurs et celui proposé au consommateur reste important.
À cette difficulté s’ajoute l’écoulement des récoltes. La route reliant les zones de production aux autres localités est dégradée sur certains tronçons, ce qui complique le transport des produits vers les marchés. « Ce sont les transporteurs qui nous disent qu’il y a des collecteurs qui viennent chercher les produits sur place. La mauvaise qualité de la route complique toutefois l’acheminement des marchandises », explique Benja Rasolofoson, vendeur de légumes.
Face aux difficultés de transport, les producteurs privilégient souvent la vente directement sur place. Avec un prix susceptible de descendre à 300 ariary le kilo, ils peinent ainsi à tirer profit de plusieurs mois de travail. La dégradation des routes constitue donc un obstacle supplémentaire à la commercialisation des produits agricoles.
Fanilo Mampianintsoa
