| La colline et le Rova d'Ilafy où réside l'oncle d'Imboasalama avant qu'il ne soit déchu en faveur de ce dernier. |
Douze collines sacrées, douze épouses royales… Finalement, quand on fait le compte, il existe plus de douze collines sacrées, plus de douze femmes royales. Si nous prenons le cas d’Andrianam-poinimerina, il en aurait une vingtaine. Il faut rappeler qu’il en utilise une bonne partie pour pacifier et réunir le royaume d’Imerina. C’est aussi une manière de lutter contre la mésalliance. Enfin, il a des « épouses héritées » qui sont à sa charge, selon les « Tantara ny Andriana eto Madagascar » du R.P. Callet.
Sa « vadibe », femme principale, est Rabodonimerina. Elle est la fille de Renibodonimerina, fille d’Andriambelomasina, donc sa cousine. Rabodonimerina n’a pas d’enfants et adopte un neveu, Rabodolahy, qui, croyant hériter du royaume, s’insurge quand le roi présente Laidama comme son probable successeur. Il ourdit de le tuer, mais son complot est vite éventé. Il est condamné à mort avec sa mère, semble-t-il. Rafotsirahisatra est une nièce d’Andriambelomasina, grand-père maternel du roi. Celui-ci l’installe à Fandàna, dans l’Avaradrano. Ratsimihantasoa, cousine du roi, est la fille de son oncle Andrianjafy d’Ilafy qu’il renverse. Elle l’aide à pacifier l’Imerina du Nord, et il l’installe à Ambohidrabiby, dans le Mandiavato, avant de l’installer à Namehana, parmi son peuple les Tsimiamboholahy, où se trouve sa tombe. Ramiangaly est fille d’Andriankotonavalona (qui, lui, est neveu d’Andriambelomasina) d’Ambohipoloalina où le roi la maintient. Elle n’a pas d’enfant.
Rasendrasoa succède à Ratsimihantasoa à Ambohidrabiby. C’est là que se trouve sa tombe.
Ramanantenasoa est fille d’Andrianavalonjafy d’Alasora. Elle aussi appuie l’œuvre d’Andrianampoinimerina dans la conquête du Vakinisisaony. Quand l’unification de l’Imerina est terminée, elle se sépare du roi pour épouser Andriamanoro, descendant d’Andrianamboatsimarofy, ancien roi d’Antananarivo, avec lequel elle a des enfants dont Rasamoma. Plus tard, Andrianampoinimerina la rappelle auprès de lui et, par la même occasion, il épouse aussi Rasamoma. Ce n’est qu’au cours de cette seconde union, qu’elle lui donne des enfants dont Ramavolahy le barbu, condamné à mort également, pour complot contre la royauté. Choquée, Ramanantenasoa décide de quitter définitivement le roi et s’installe à Kaloy avec ses autres enfants. Leurs tombes se trouvent sur cette colline. Une autre version affirme que c’est le roi qui l’exile à Kaloy.
Rambolamasoandro est issue d’Ambohidratrimo. Elle aide le roi à conquérir le Marovatana. Elle lui donne cinq enfants, à savoir- outre Radama Ier- Rabodosahondra, Ratsimanompo, Ratsiadala et Ramariavelo. Plus tard, Rambolamasoandro le trompe et il la remercie. Elle se remarie et s’installe à Anosimanjaka. La tradition veut que ce soit son fils, lui-même qui la dénonce à son père. Un jour, dit-on, il attache un poussin à un coq, ce qui étonne le roi qui lui demande ce qui se passe. Le jeune prince répond : « Le poussin abandonné à son père, a la nostalgie de sa mère. » Cette phrase fait réfléchir son père qui finit par faire suivre Rambolamasoandro chaque fois qu’elle sort. C’est ainsi que son infidélité est démontrée.
Les épouses d’Andrianam-poinimerina issues d’Alasora sont nombreuses. Ainsi de Ramatoaramisa que le roi installe à Ambohitrimanjaka dans le Marovatana et qui lui donne un fils, Ratsimandresy. Rasoamananoro est installée à Ambohimirimo. Ravaonimerina est fille d’Andrianamboatsimarofy, ancien roi d’Antananarivo, qu’Andrianam-poinimerina utilise pour pacifier le sud de l’Imerina. Sa nièce Ravaomanjaka, fille d’Andriamaro-manompo de Fenoarivo, est aussi un atout utilisé par le roi pour conquérir Ambodirano.
Autre princesse d’Alasora, Rabodozafimanjaka, fille d’Andriantsira. Andrianam-poinimerina l’installe à Antsahadinta, dans l’Ambodirano, et exile son père à Mahazo, au nord d’Ankatso. Elle implore son époux de le transférer auprès d’elle, ce que le roi accepte. Mais comme Antsahadinta est un « menabe » (domaine royal), il ne « prête » que le tiers des biens à Andriantsira, les trois-quarts étant gérés en son nom par Rabodozafimanjaka. Mais quand Andriantsira décède, ses fils refusent de rendre les terres royales et un conflit les oppose à leur sœur. Le roi accuse celle-ci de vouloir le spolier et la condamne à mort. Il y a aussi Rabodomirahalahy, nièce d’Andriantsira, qui occupe Ambohijoky. Selon le père Callet, elle est toujours vivante en 1881, malgré ses problèmes de vue….
Pela Ravalitera