Une montagne à terre

Tsi-takatra-antsa, Tsitakatsantsa : LE baobab géant du village d’Andombiry, au Nord-Est de Morombe. Je ne l’aurai donc jamais rencontré de son grand vivant, comme tous ces monuments dont on se dit «J’irai demain». 

Par je ne sais quelle intention, j’avais rédigé la note ci-dessous voilà bien des années. Bien peu d’années en fait au regard de l’espérance de vie millénaire de ces arbres majestueux. Les scientifiques avaient annoncé sa mort irréversible dès 2025 et les mêmes prédisent que d’ici deux ou trois ans, il sera retourné à la terre. 

Privilège paradoxal que le nôtre de vivre la mort d’une force de la Nature, témoin silencieux d’un millénaire dont notre petitesse humaine ne saura rien. Ah, si seulement Tsitakatsantsa pouvait parler. Ç’aurait été formidable alors que son nom signifie qu’on ne s’entend pas chanter à son pourtour et que donc la tradition orale pouvait s’égarer le temps d’un périmètre. 

Note de vieille lecture : 
Le nom scientifique de Renala est «adansonia». Madagascar abrite sept des neuf espèces de baobab connues dans le monde. Six espèces sont endémiques de l’île : madagascariensis, pierrieri, suarezensis, za, rubrostipa, grandidieri. Le digitata se retrouve également en Afrique sub-saharienne et aux Comores. Le gibbosa est endémique du Nord-Ouest de l’Australie. 

Le baobab est un arbre à croissance très lente (germination au bout de 2 ans, 1 mm de croissance par mois), mais à l’extraordinaire longévité : il peut vivre 3000 ans. Adulte, il peut atteindre 30 mètres de hauteur et autant en largeur de tronc. 

La fibre de son écorce peut servir à la vannerie. Son fruit, comestible, est riche en vitamine C, vitamine B1, en calcium et en protéine. On peut en extraire une huile alimentaire. 

L’allée des baobabs «grandidieri» de Morondava, sur la piste vers Belo-Tsiribihina, est l’une des images les plus connues de Madagascar. Mais, d’autres représentants méritent autant de célébrité : le baobab du parc de Tsimanampetsotse, au Sud de Tuléar, qui est vieux de 1600 ans ; le baobab «grandidieri» du village d’Andombiry, au Nord-Est de Morombe : le plus gros de Madagascar avec une circonférence de 27,30 mètres ; le baobab «digitata» qui figure sur le blason de la ville de Majunga. 

Le «projet baobab»  (renalanaturals.com) s’active à donner une valeur ajoutée à cet arbre emblématique. Tandis que Cyrille Cornu, biogéographe-naturaliste et chercheur au CIRAD, a réalisé un film, «Baobabs, entre ciel et terre», présenté le 23 octobre 2014 à l’Institut Français de Madagascar. 

Nasolo-Valaivo Andriamihaja 

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