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| Une photo illustrant la précarité de l’éducation dans le Sud. |
Des écoles fictives. Le nombre d’écoles primaires publiques recensées dans une circonscription scolaire de la région Atsimo Andrefana ne correspondrait pas toujours à la réalité sur le terrain. « Je descends à l’improviste sur le terrain pour effectuer des suivis. Une allocation de caisse-école de trois millions d’ariary est envoyée à chaque école afin de soutenir les activités pédagogiques telles que la confection du matériel pédagogique. J’ai avec moi une liste des écoles primaires à visiter. Arrivé sur le lieu indiqué, je fais le tour du village et demande où se trouve l’école primaire publique. Les gens sont un peu surpris et me répondent : mais il n’y a pas d’école ici », raconte une source auprès d’une circonscription scolaire.
Elle ajoute que son périple l’a conduite dans des situations encore plus sidérantes. « Dans une autre commune, il y a bien une école, mais il n’y a ni élèves ni enseignants. J’appelle alors le numéro du directeur de l’école qui figure sur ma liste. Ce dernier me répond qu’il est en train de travailler dans les champs et les élèves sont au marché car c’est le jour de marché », poursuit-elle.
La source raconte que le rapport qu’elle a établi après ces descentes sur le terrain n’est jamais parvenu à son destinataire. « La politique s’en mêle. Des politiciens m’appellent pour que je ne dénonce pas les caractères fâcheux que j’ai constatés sur place. Le secteur de l’éducation a toujours été politisé. Et malheureusement, le secteur n’avance pas », ajoute-t-elle.
Dans le fokontany d’Anja Belitsake, commune rurale d’Itampolo, district d’Ampanihy, les élèves ont déserté l’école primaire publique. Ils ont rejoint une école privée. « Les parents préfèrent envoyer leurs enfants à cette école privée, quitte à payer des frais d’écolage et des droits d’inscription et à se plier aux exigences de l’établissement. Même si cette école limite le nombre d’élèves, les parents insistent pour que leurs enfants soient inscrits », raconte Sanina, enseignante bénévole à Anja Belitsake. Pour elle, c’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. « C’est un bon indicateur sur la motivation des parents à la scolarisation de leurs enfants. C’est mauvais pour les écoles publiques qui ont perdu des élèves », explique-t-elle.
Les enseignants non bénévoles de l’école publique continuent pourtant de percevoir diverses indemnités de la part du ministère de l’Éducation nationale.
Mirana Ihariliva
