La Grande Île veut revoir sa place dans le monde. À cet effet, les assises nationales de la diplomatie qui ont démarré hier ambitionnent de préparer un livre blanc.
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| Outre les diplomates, des militaires et des acteurs politiques ont pris part à la première table ronde d’hier. |
Un nouveau cap. Les assises nationales de la diplomatie malgache qui ont démarré hier, au siège du ministère des Affaires étrangères, à Anosy, ambitionnent d’impulser une nouvelle orientation des relations internationales de la Grande Île. L’idée est de sortir d’un rôle de spectateur à celui d’un acteur à part entière.
« Quelle diplomatie souhaitons-nous pour Madagascar pour l’avenir ? », c’est la question centrale à laquelle les participants aux cinq tables rondes, qui seront les points d’orgue de ces Assises, devront répondre. Dans son discours d’ouverture, Alice N’Diaye, ministre des Affaires étrangères, a donné le ton en déclarant que « dans un monde en mutation, Madagascar ne peut se contenter de rester spectateur. Nous devons anticiper les changements, en évaluer l’impact potentiel et agir dans l’intérêt du pays ».
Les bouleversements géopolitiques, l’émergence de nouveaux pôles de puissance et l’intensification de la concurrence économique et stratégique définissent le contexte des relations internationales actuellement. Il y a aussi les enjeux liés au climat, à l’énergie, à la sécurité alimentaire, aux migrations et au numérique qui prennent une importance croissante. Dans cette nouvelle configuration, la position géographique de Madagascar, au cœur de l’océan Indien et à proximité du canal du Mozambique, constitue un atout stratégique à mieux exploiter.
À la question centrale évoquée préalablement, la ministre N’Diaye ajoute « à quelle place voulons-nous hisser Madagascar à l’horizon 2040, ou 2050 ? », « quels sont les intérêts stratégiques qu’il faut nécessairement défendre et quel type de participation devons-nous consolider ? ».
Livre blanc
Cette entrée en matière s’aligne avec le thème de la première table ronde autour du thème « vision stratégique et positionnement international de Madagascar». Durant les échanges, un des challenges mis en exergue est d’édifier une diplomatie « en phase avec son temps, qui impose le respect, affirme la souveraineté, les valeurs et l’identité nationale, et agit comme un véritable moteur du développement national ». De prime abord, le nouveau virage voulu est d’avoir une diplomatie capable de nouer ou de consolider des partenariats, mais surtout à même de défendre la souveraineté et les intérêts stratégiques du pays.
L’ouverture internationale devra ainsi aller de pair avec la défense de la souveraineté et des intérêts supérieurs du pays. Parmi les axes d’efforts soulignés figure aussi celui sur la diplomatie comme moteur de l’essor économique du pays. La manière dont la conduite des relations internationales va réellement servir l’économie nationale est ainsi une question sur laquelle vont cogiter les participants aux Assises. Attractivité du pays, croissance, industrialisation, création d’emplois et investissements sont cités parmi les objectifs auxquels l’action extérieure doit contribuer. La diplomatie économique devra notamment être rapprochée des besoins des entreprises malgaches.
Les débats sur la nouvelle orientation de la diplomatie se veulent aussi plus larges et prennent en compte la manière de mettre plus en valeur la culture et le patrimoine national sur le plan international. Être vecteur de coopération en matière d’enseignement supérieur et de recherches scientifiques. Il y a également la question de la sécurité, notamment la sécurité maritime étant donné les enjeux économiques, stratégiques et géopolitiques de l’océan Indien. À entendre l’allocution de la ministre des Affaires étrangères, cette nouvelle orientation diplomatique suppose aussi une transformation de l’outil diplomatique.
La membre du gouvernement évoque ainsi la nécessité de renforcer les moyens et de moderniser les structures diplomatiques. La mise à jour de la formation des diplomates malgaches afin qu’ils soient mieux armés face aux nouveaux défis des relations internationales est un autre axe de réflexion durant ces assises nationales de la diplomatie. Les participants aux Assises qui dureront dix jours auront ainsi du grain à moudre. L’issue des débats devra être inscrite dans un « livre blanc ». Un document qui, au final, sera amené à devenir le nouveau cadre de la politique étrangère de la Grande Île. À condition qu’elle soit prise en compte par les décideurs étatiques.
Garry Fabrice Ranaivoson
