Les autorités judiciaires et pénitentiaires ont fait état, hier, d’un projet présumé visant à faire évader un détenu de la prison de Tsiafahy et à provoquer un incendie dans l’établissement.
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| La maison de force de Tsiafahy où se tramait un projet d’évasion. |
Le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Antananarivo et le directeur régional de l’Administration pénitentiaire ont apporté, hier, des précisions sur une enquête en cours concernant la prison à sécurité renforcée de Tsiafahy. Selon leurs déclarations, un projet visant à permettre l’évasion d’un détenu et à incendier l’établissement aurait été préparé.
Les faits présumés n’ont pas abouti. Plusieurs personnes soupçonnées d’y avoir participé ont été identifiées et interpellées. Certaines ont été placées en détention provisoire, tandis que d’autres sont toujours recherchées et font l’objet de mandats d’arrêt.
« Des renseignements faisaient état d’un projet visant à faire évader un détenu et à incendier la prison à sécurité renforcée de Tsiafahy. La sécurité de l’établissement a donc été renforcée, dimanche 23 août dernier. Dans ce genre de situation, la procédure habituelle consiste à procéder à des recherches et à des fouilles dans les établissements pénitentiaires. C’est au cours de ces opérations qu’un téléphone portable a été découvert dans la cellule où se trouvait le détenu, le colonel Rakotomamonjy Patrick… La découverte de matériel dont l’introduction en prison est interdite est encadrée par le règlement intérieur pénitentiaire », a expliqué l’inspecteur principal Ranaivoson Olivier, directeur régional de l’Administration pénitentiaire pour Analamanga.
L’enquête ouverte après la découverte de ce téléphone a conduit les enquêteurs à examiner son contenu et les échanges qui y étaient enregistrés.
Enregistrements
Selon Rakotoniaina Narindra Navalona, procureure de la République près le Tribunal de première instance d’Antananarivo, plusieurs éléments recueillis au cours des investigations feraient état de deux scénarios envisagés pour permettre la sortie du détenu.
« À la suite de la découverte du téléphone dans les affaires du détenu, le colonel Rakotomamonjy Patrick, une enquête a été ouverte. Une fouille a été effectuée et des messages secrets ainsi que des enregistrements audio de conversations avec plusieurs personnes ont été découverts. Deux moyens avaient été envisagés pour faire sortir le colonel Rakotomamonjy Patrick de la prison. Le premier consistait à incendier et à faire exploser la prison de Tsiafahy afin de lui permettre de s’évader. Une femme résidant à l’étranger faisait partie des personnes impliquées dans la préparation du projet. C’est elle qui avait recherché un financement de 4 000 euros pour réaliser cette évasion. Les échanges à ce sujet ont été enregistrés. Des personnes avaient également déjà prévu d’accueillir le détenu dès sa sortie de prison », a-t-elle indiqué.
Le second scénario aurait consisté, selon le parquet, à falsifier les résultats d’un examen médical avec la complicité présumée d’un médecin afin de permettre la sortie du détenu de l’établissement pénitentiaire.
Nantenaina Njanahary
