En mission à Madagascar, l’Initiative pour la transparence évalue la gouvernance du secteur extractif. Les échanges portent sur les engagements du pays et la transparence minière.
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| La délégation de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives entourée de représentants malgaches, lors de sa mission de suivi à Madagascar. |
Le secteur extractif malgache fait l’objet d’un suivi particulier. En mission à Madagascar depuis le 7 septembre, le Secrétariat international de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives cherche à apprécier l’évolution de la gouvernance minière dans un contexte marqué par le changement de pouvoir intervenu en octobre 2025. La mission se poursuit jusqu’au 11 septembre.
Cette visite intervient alors que Madagascar est placé, depuis novembre 2025, sous une période de vigilance accrue décidée par le Conseil d’administration de l’Initiative pour la transparence. « L’objectif lors de cette mission, c’est de suivre cette vigilance accrue sur laquelle Madagascar a été placé », explique Papa Alioune Badara Paye, conseiller et directeur pays pour Madagascar au sein du Secrétariat international. Cette mesure concerne notamment les pays traversant une période d’instabilité politique.
L’enjeu dépasse toutefois le seul suivi institutionnel. Les ressources minières, pétrolières et gazières appartiennent au patrimoine économique du pays et leur exploitation soulève directement la question de leur gestion et des retombées pour la population. La transparence doit notamment permettre de mieux connaître les règles applicables, les revenus et les acteurs intervenant dans cette chaîne.
Sujets examinés
« L’Initiative pour la transparence internationale est une organisation qui compte 55 pays qui mettent en œuvre sa norme », précise Papa Alioune Badara Paye. Cette norme constitue un cadre de bonne gouvernance des industries extractives, couvrant notamment les secteurs minier, pétrolier et gazier. Dans certains pays, son champ d’application s’étend à l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur extractif.
À Madagascar, les échanges portent notamment sur la poursuite des engagements du pays, le suivi des recommandations de la troisième validation réalisée en 2023-2024 et la préparation du rapport 2024-2025. La reprise de l’octroi des permis miniers au niveau du Bureau du Cadastre Minier de Madagascar figure également parmi les sujets examinés.
Pour l’équipe internationale, le maintien du dialogue entre les pouvoirs publics, les entreprises extractives et la société civile reste essentiel. La délégation rencontre ainsi des responsables gouvernementaux, dont le ministre des Mines, mais également des représentants des compagnies minières, de la société civile et des partenaires internationaux, parmi lesquels le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.
La question de l’espace civique figure également parmi les préoccupations de la mission. La possibilité pour la société civile de participer librement au processus de transparence constitue en effet un élément essentiel pour garantir un contrôle citoyen du secteur extractif.
Lucia Rabarijaona
