Refondation ou révolution. L’enseignement s’apprête à prendre un virage important. Selon des informations de première main, les séries A, C, D vont disparaître du baccalauréat à partir de cette année. Elles seront remplacées par les séries L (Littéraire), S (Scientifique) et OSE (Organisation, Société, Économie). À vrai dire, ce n’est pas tellement un scoop, étant donné que ces nouvelles séries ont été expérimentées au baccalauréat depuis 2021. Simple coïncidence ou pâle copie, c’est au même moment que le bac français a abandonné les séries L (Littéraire), ES (Économie et Social) et S (Sciences). Depuis, les séries ont changé dans le bac français. Sommes-nous en retard d’une guerre ? On ne le sait. Le fait est que le bac français a été redéfini selon les besoins du pays en termes d’emploi, les exigences des nouvelles technologies, les priorités du développement.
Jusqu’ici, les séries A, C, D formaient les futurs bacheliers dans le domaine littéraire, mathématique et physique, sciences. Comme on le constate, les nouveaux bacheliers ont du mal à s’orienter dans les possibilités d’études supérieures offertes par les universités et les instituts privés et publics. Pire, plus tard, beaucoup de nouveaux diplômés de l’enseignement supérieur se retrouvent dans la rue faute de postes budgétaires et aussi puisque leurs spécificités ne trouvent pas preneurs. L’adéquation formation-emploi reste un véritable problème. Le sous-emploi est monnaie courante. Les jeunes diplômés embrassent le premier emploi qui s’offre, même si ce n’est pas du tout leur spécialité. Ils acceptent un niveau de salaire qui est loin de correspondre à leurs diplômes. Ils ont l’impression d’avoir perdu leur temps. Après des années d’études, ils sont inutiles dans le monde de l’emploi.
On espère que le nouveau programme de l’enseignement secondaire aura pour objectif de remédier à cette situation. Désormais, les nouvelles séries vont devoir permettre aux jeunes de se former pour être utiles plus tard.
Durant la Première République, il y avait dans les lycées ce qu’on appelait « seconde spéciale » qui formait les futurs étudiants en médecine. La réforme apportée par la révolution de 1972 a tout remis à plat. On reste dans une formation généraliste pour des métiers utiles pour le fonctionnariat, mais improductifs en termes de valeur ajoutée pour l’économie et le développement.
Pourtant, on sait combien le pays a besoin de médecins (un médecin pour six mille habitants, un médecin spécialiste pour cent mille habitants), d’enseignants (un enseignant pour quarante élèves), d’entrepreneurs, de techniciens en informatique…
L’indépendance est revenue à un moment où on n’avait rien pour l’assumer. On se retrouve dépendant plus que jamais. Et jusqu’à aujourd’hui, on n’arrive pas à s’en sortir. On met beaucoup d’espoir sur la Refondation pour tout remettre à plat et repartir du bon pied. C’est crucial et vital pour le développement et l’avenir des jeunes. Touchons du bois.
Sylvain Ranjalahy