CRIMES ENVIRONNEMENTAUX - La société civile tire la sonnette d’alarme

Exploitation minière illégale, feux de forêt et trafic d’espèces menacées inquiètent la société civile, qui appelle les autorités à renforcer la protection de l’environnement.

Ndranto Razakamanarina et le pr Jonah Ratsimbazafy, des protecteurs de l’environnement.

Les organisations de la société civile tirent la sonnette d’alarme face à la persistance des crimes environnementaux. « Cela a tendance à augmenter », a déclaré hier Ndranto Razakamanarina de l’Alliance Voahary Gasy (AVG), lors de la présentation d’une lettre ouverte adressée au président de la Refondation de la République de Madagascar et aux autorités, à l’hôtel Panorama d’Andrainarivo.

Ces acteurs dénoncent l’exploitation minière illégale au sein même des aires protégées, notamment à Makira et dans le noyau dur d’Andasibe-Mantadia, ainsi que dans d’autres forêts. À cela s’ajoutent la recrudescence des feux de forêt et le trafic continu d’espèces menacées d’extinction. 

« C’est surtout l’ineffectivité de la loi sur la protection de l’environnement qui en est la cause », poursuit Razakamanarina. Pour illustrer son propos, il mentionne le cas d’individus poursuivis pour la dégradation de l’aire protégée de Makira, et l’incendie de tout un village et des bureaux des Vondron’olona Ifotony, libérés au mois d’août dernier.

Les sociétés civiles pointent également du doigt les faibles allocations budgétaires accordées par l’État à la préservation du patrimoine naturel (NDLR: 1,2 % pour l’Environnement et les Forêts, 0,3 % pour la Pêche et 0,1 % pour les Mines). 

Recommandations

Ce manque de moyens justifierait l’ampleur des trafics et la braderie des ressources stratégiques du pays.

Face à ce constat, la société civile formule plusieurs recommandations. Elle invite notamment le ministère de l’Économie et des Finances à revoir à la hausse le budget du ministère de l’Environnement et du Développement durable, afin de renforcer la lutte contre les feux de brousse et les infractions forestières. Sans mesures d’urgence, Madagascar risquerait de perdre 93 % de sa couverture forestière de 1950 à l’horizon 2050.

Afin de peser dans les décisions, une soixantaine d’organisations ont mis en place la Confédération des organisations de la société civile environnementale de Madagascar. Ce regroupement a pour objectif de porter une feuille de route commune, de préciser les priorités de plaidoyer et de collaborer avec les autorités en faveur du développement du pays, du bien-être des citoyens et de la valorisation de la biodiversité.

Miangaly Ralitera

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