LOURDEUR ADMINISTRATIVE - Des projets de plus de 4 000 milliards d’ariary en suspens

Selon les estimations avancées durant une réunion à la Primature, hier, rien que pour les projets de la Banque mondiale, des projets d’un montant total de 1,085 milliard de dollars, soit plus de 4 000 milliards d’ariary, sont en suspens. La lourdeur administrative en est la cause.

Le gouvernement et l’équipe de la Banque mondiale se sont réunis à Mahazoarivo.

La lenteur administrative coûte cher. C’est le constat qui découle d’une réunion entre le gouvernement et les équipes de la Banque mondiale, hier, au palais d’État de Mahazoarivo.

En raison de la lourdeur administrative, plusieurs projets financés par l’institution de Bretton Woods seraient en suspens. Selon le communiqué de la Primature, ces projets en attente d’exécution représentent un montant cumulé de 1,085 milliard de dollars, soit plus de 4 000 milliards d’ariary. À lire la missive publiée par l’institution de Mahazoarivo, des infrastructures énergétiques, notamment concernant les énergies renouvelables, et l’amélioration de la distribution électrique feraient partie de ces projets en stand-by, dans l’attente du bouclage des formalités administratives. Un fait regrettable, étant donné que l’insuffisance de la production électrique est la cause du retour en force du délestage.

Selon des indiscrétions, la réunion d’hier a aussi porté sur la manière de lever les goulots d’étranglement qui empêchent la mise en œuvre des projets énergétiques financés par la Banque mondiale. L’accent a notamment été mis sur les projets concernant les énergies renouvelables. Plus largement, la rencontre a eu pour objectif d’identifier les obstacles procéduraux qui retardent l’exécution des projets financés par l’institution de Bretton Woods. La complexité des procédures administratives et la longueur des circuits de validation ont été pointées du doigt. Des contraintes qui finissent par ralentir les décaissements et le démarrage effectif des projets.

Engagement

Le retard dans l’indemnisation des personnes affectées, ou encore dans les formalités administratives pour la mise à disposition des terrains ou la libération des emprises nécessaires au lancement des travaux, constitue également un blocage à l’exécution des projets soulevé hier. « Ce sont des préalables incontournables avant l’exécution des projets de la Banque mondiale. Tant que ces étapes ne sont pas réglées, certains projets restent bloqués malgré la disponibilité des financements », explique une source proche du dossier.

Dans certains cas, l’absence ou l’insuffisance des documents de propriété, ou encore la complexité des procédures de formalisation, ralentit considérablement les démarches d’indemnisation des personnes affectées par les projets. « L’acquisition de financements n’est pas une finalité. Le but est de transformer ces financements en projets concrétisés et apportant des bénéfices à la population», sont les mots de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, durant la réunion d’hier, selon la missive de la Primature.

Le locataire de Mahazoarivo aurait ainsi rappelé que l’action de l’équipe gouvernementale repose notamment sur trois principes : « célérité, impact et innovation ». À cet effet, consigne a été donnée aux responsables concernés de lever les goulots d’étranglement afin d’accélérer les procédures administratives. Supprimer les étapes redondantes, améliorer le système de paiement des indemnisations en mettant en place des méthodes de travail plus claires et plus rapides sont des pistes de solutions évoquées.

Cette machine administrative grippée et ses conséquences sur le décaissement des financements internationaux, le docteur Herinjatovo Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances, l’a déjà évoquée durant une conférence de presse, en mars. Le sujet a également été soulevé par des députés durant une séance de questions et réponses entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, début juillet. Les parlementaires ont notamment épinglé le fait que la lourdeur administrative pèse considérablement sur le taux d’exécution budgétaire et, par conséquent, sur les investissements publics.

Face aux membres de l’institution de Tsimbazaza, le Premier ministre Rajaonarison s’est engagé à « briser » les causes de la lenteur administrative. 

« Nous avons déjà une stratégie pour alléger les procédures administratives. Si la cause des lourdeurs administratives est de l’ordre d’actes réglementaires, nous allons les briser », avait-il alors déclaré.

Garry Fabrice Ranaivoson

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