Une nouvelle tentative d’exportation illicite d’or a été déjouée à l’aéroport d’Ivato. Face à cette situation, le chef de l’État est monté au créneau pour dénoncer publiquement l’existence de réseaux de trafiquants. solidement implantés au sein de la plateforme aéroportuaire.
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| Le chef de l’État durant le déballage des lingots d’or devant la presse, à Ivato, hier. |
Environ six kilos. Tel est le poids total des lingots découverts dans une petite valise et présentés à la presse en fin d’après-midi. La cargaison illégale aurait été transportée par une ressortissante malgache. Selon les explications, le bagage en question a totalement contourné le circuit de contrôle réglementaire.
Le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État en personne, a assisté au déballage de la marchandise saisie. Selon ses dires, l’opération qui a permis d’intercepter ce colis a été coordonnée par la présidence de la Refondation de la République. « Cette valise se trouvait déjà à bord de l’appareil lorsqu’elle a été récupérée. C’est précisément ce que je veux dénoncer : des réseaux de trafiquants opèrent ici même, à l’aéroport d’Ivato, et appauvrissent le pays », a martelé le locataire d’Iavoloha. Il a ajouté que les suspects potentiels ont déjà été identifiés grâce aux caméras de surveillance.
Des fonctionnaires seraient directement impliqués dans cette affaire. «Même si la quantité saisie peut sembler relativement modeste, le message que je souhaite faire passer est clair : quiconque est impliqué n’échappera à la Justice. Les enregistrements de vidéosurveillance ont déjà permis de repérer des agents de l’État et leurs complices », a affirmé l’officier supérieur.
L’urgence d’une réforme profonde
Le chef de l’État compte suivre ce dossier de très près, à l’instar des autres affaires de tentative de trafic d’or dont les prévenus sont en détention préventive ou ont déjà été condamnés. « Je veillerai personnellement à ce qu’ils purgent l’intégralité de leur peine », a-t-il prévenu.
Le colonel Randrianirina a indiqué que les premiers éléments de l’enquête révèlent que l’organisation démantelée effectuait « ce genre d’expéditions clandestines deux fois par semaine ». « Et il ne s’agit que d’un seul groupe. Qu’en est-il de ceux dont les méfaits n’ont pas encore été mis au jour ? Après cela, comment s’étonner que le pays reste pauvre ? », a-t-il fustigé. Il a également déploré le fait que « le personnel de l’aéroport est conscient que ces trafics empruntent des voies détournées, sans que personne n’agisse ».
Pour pallier ces défaillances en attendant une solution pérenne, l’officier supérieur prévoit de déployer des agents dédiés à la surveillance de chaque étape d’inspection, jusqu’à l’embarquement dans les avions. Une stratégie similaire avait pourtant déjà été adoptée par son prédécesseur en juillet 2024, à la suite de scandales répétés liés à la corruption et à la fuite d’espèces endémiques. Un contrôleur général doté des pleins pouvoirs avait alors été nommé en Conseil des ministres.
Si cette nomination avait initialement permis d’endiguer l’hémorragie, les failles sont réapparues quelques mois plus tard, prouvant que les structures mafieuses dénoncées par le colonel Randrianirina ont la peau dure. Le chef de l’État a lui-même regretté « qu’un an après les mouvements populaires pour le changement et onze mois après son entrée en fonction, de tels agissements persistent ». Au-delà des mesures d’urgence, c’est une refonte intégrale du système de sécurité d’Ivato — ciblant tant les passagers que le personnel — qui s’impose désormais.
Garry Fabrice Ranaivoson
