Après la disparition de Michel Kira, dit maître Kira, son ancien coéquipier Augustin Baovola évoque le talent et l’intelligence de jeu d’un joueur qui a marqué toute une génération.
| Le buteur Augustin Baovola, ancien coéquipier de maître Kira. |
À son domicile d’Antanambao, à plus de 15 kilomètres d’Antananarivo, sur la route de Talatanivolonondry, Augustin Baovola, de son vrai nom Augustin Andriamiharinosy, se souvient d’une belle époque du football malgache, celle où il évoluait aux côtés de maître Kira.
Pour Baovola, son coéquipier et meilleur ami, la principale qualité de Kira était son intelligence de jeu. « Kira avait une bonne vision du jeu et savait lire les déplacements de ses coéquipiers sur le terrain », raconte-t-il. Le milieu était capable de délivrer des passes de 20 à 30 mètres, de jouer court, de combiner en une-deux et de s’adapter au rythme imposé par l’adversaire.
Trois rencontres disputées avec Kira restent particulièrement gravées dans sa mémoire. Il cite d’abord le match perdu contre le Malawi (1-2) à Blantyre en 1971, avant la victoire au retour (4-2) à Mahamasina. Il se souvient ensuite de la confrontation avec la sélection universitaire de France en 1972, conclue sur le score de 3-3, au cours de laquelle il avait marqué deux buts sur deux passes décisives de maître Kira. Enfin, il évoque la victoire contre Hong Kong (4-1) à Mahamasina.
Génération dorée
« Kira était un milieu qui organisait l’attaque malgache. Il lisait rapidement le jeu adverse et savait accélérer le rythme pour lancer ses coéquipiers », témoigne Baovola.
Autour de Kira et de Baovola évoluaient notamment le capitaine Moussa, Rasoanaivo, Dezy Ramasy, Lala, Gence, Voja, Youssouf, Jousscaume, Jules, Ali, Monjavelo et Randriamirado. Pour Baovola, la force de cette sélection reposait sur une ossature stable et une grande complémentarité entre les joueurs.
« On se comprenait d’un simple regard et tout le monde jouait au même niveau », se rappelle-t-il. En dehors du terrain, il décrit Kira comme un homme simple, discret et toujours souriant. « C’était un joueur exceptionnel », insiste-t-il.
Baovola regrette que son ami n’ait pas pu évoluer à l’étranger malgré les occasions qui s’étaient présentées. « On l’a empêché de partir. Il avait le même niveau que les joueurs professionnels évoluant à l’étranger », affirme-t-il.
Cette équipe appartient, selon lui, à une génération dorée du football malgache, dans la lignée de celle qui avait évolué à l’époque de Peter Schnitger. Il cite notamment Augustin, Kiki, Realy, Ferdinand, Jean Chry, Abdon, Rolland Kely, Robert, Kira, Frédéric, Rodolphe, Jérémie, René, Andriamirado, Donné, Bekoto, Claude Aimé et Mosa en 1981.
La disparition de maître Kira soulève aussi la question de l’accompagnement des anciens internationaux. Pour Baovola, l’État doit davantage soutenir ceux qui ont porté les couleurs de Madagascar. La politique nationale des sports doit, selon lui, se traduire par des mesures concrètes.
Il appelle enfin à renforcer la formation. « Madagascar ne manque pas de talents, mais d’une politique de développement et d’une vision », estime-t-il. Il préconise d’accompagner les jeunes dès l’âge de 12 ans, d’assurer un suivi régulier, de lutter contre les fraudes sur l’âge et de relancer les championnats de jeunes dans toutes les régions.
Donné Raherinjatovo
Indiscutablement une génération dorée qui a fait le beau jour de l’équipe nationale . Bien de souvenirs qui resteront dans la mémoire des férus du ballon rond Maître Kira avait une vision de jeu incomparable et Augustin était le renard de surface . Pleure mon pays avec le niveau actuel de notre football . Il n’y a que les multiplications des centres de formation et la détection précoce de jeunes talents qui seraient la meilleure solution !
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