D’Analakely à Ampasampito, vendeurs, voitures et bus se disputent la voirie d’Antananarivo. Faute de trottoirs praticables, les piétons sont de plus en plus nombreux à marcher sur la chaussée.
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| ANTSIRANANA - Nouveau marché |
À Antananarivo, l’espace public est de plus en plus sollicité par les commerçants, les véhicules et les transports collectifs. Dans plusieurs quartiers de la capitale, cette situation réduit les espaces réservés aux piétons et complique les déplacements quotidiens. D’Analakely à Ampasampito, en passant par Ambanidia et Behoririka, le partage de la voirie reste difficile.
À Analakely, les trottoirs sont largement occupés par des vendeurs. Même lorsque certains réduisent leur emprise et se rapprochent du bord, leur présence continue de limiter le passage des piétons. Dans les zones les plus fréquentées, les passants doivent parfois se frayer un chemin entre les étals et les autres usagers de la voie publique.
La situation est également visible à Ampasampito. Sur certains axes, le trottoir est tellement occupé par les activités commerciales qu’une partie de la chaussée a été aménagée sur le côté, notamment avec des barrières, afin de créer un passage pour les piétons. Le trottoir, qui devrait normalement assurer leur circulation, devient ainsi un espace commercial, tandis que la chaussée accueille à son tour les déplacements à pied.
Cette occupation n’est pas récente. Tiana, après un échange avec des commerçants, témoigne : « Certains vendeurs sont installés ici depuis très longtemps. Les faire partir pourrait être difficile. » Une réalité qui illustre la complexité de la gestion de l’espace public, où les activités commerciales constituent aussi une source de revenus pour de nombreuses familles.
Enjeu quotidien
À Ambanidia et Behoririka, le constat est encore plus marqué. Certains endroits ne disposent pratiquement plus d’un trottoir clairement identifiable. Les différents usages de la voie publique se superposent, entre circulation automobile, commerce, stationnement et déplacement des piétons.
Cette pression ne concerne toutefois pas uniquement les vendeurs. Le stationnement constitue aussi un facteur de réduction de l’espace disponible. Des véhicules garés à proximité des trottoirs ou sur certaines portions de voirie limitent davantage les possibilités de circulation des piétons.
Les transports collectifs participent aussi à cette occupation de l’espace. Selon la Direction de la communication de la CUA, environ 1 200 arrêts de bus sont recensés dans l’agglomération. Sur le terrain, certains espaces semblent toutefois insuffisants pour accueillir les bus et les passagers. Des véhicules peuvent attendre en retrait avant de prendre les voyageurs, ajoutant une occupation supplémentaire de la chaussée.
La circulation générale accentue cette pression. Selon la Direction de la communication de la CUA, le trafic est estimé entre 100 000 et 250 000 véhicules par jour, alors que certaines voies seraient dimensionnées pour environ 50 000 véhicules au maximum. Cette concentration d’usages transforme certains axes en véritables points de tension.
Behoririka, Soarano, Andrahavoangy, Ankorondrano, Ampasampito, le rond-point Akadimbahoaka, 67 Ha, Vatobe, Ampasika et Itaosy figurent parmi les secteurs où les difficultés sont relevées.
Derrière cette bataille pour l’espace public se trouve une question très concrète pour les habitants: où circuler lorsque le trottoir n’est plus disponible? Pour les travailleurs, les élèves, les personnes âgées ou les personnes à mobilité réduite, marcher sur la chaussée peut devenir une nécessité plutôt qu’un choix.
La gestion de cet espace partagé constitue ainsi un enjeu quotidien pour la capitale. L’organisation des commerces, du stationnement, des arrêts de bus et de la circulation devra permettre de concilier les besoins économiques et les déplacements des habitants, afin que l’espace public reste accessible à tous.
Lucia Rabarijaona et Fanilo Mampianintsoa
