Le torchon brûle entre les exploitants du stationnement Fasan’ny Karana et le ministère des Transports et de la Météorologie. Les premiers ont manifesté sur la route nationale 7 (RN7), hier, pour protester contre leur transfert vers la nouvelle gare routière d’Amoronakona.
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| Des forces mixtes présentes à Ambatofotsy. |
La manifestation des exploitants de Fasan’ny Karana, organisée hier à Ambatofotsy sur la RN7, s’est soldée par une perte en vie humaine. Un manifestant a succombé à ses blessures. « Nous ne connaissons pas précisément les circonstances de son interpellation, mais c’est la police qui l’a ramené. Il est décédé d’une grave blessure à la tête, en cours de route vers l’hôpital », confie une source hospitalière. Les forces de l’ordre n’ont pas confirmé ce décès. Les manifestants en imputent la responsabilité à des tirs de ces dernières, tandis que le commandement l’attribue à des jets de pierres des protestataires. « Nous avons lancé des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants qui perturbaient gravement l’ordre public avec des jets de pierres et des barricades bloquant la circulation », a déclaré un représentant des forces de sécurité. Plusieurs arrestations ont été opérées. Les prévenus ont été embarqués à bord d’un véhicule de type Mazda en direction de la ville, en fin d’après-midi, une fois le calme revenu à Ambatofotsy.
Cet affrontement musclé a terrorisé les riverains d’Ambatofotsy, paralysant totalement la vie quotidienne locale. Les commerçants ont baissé le rideau et les habitants se sont barricadés chez eux. « Aussi bien le vacarme des manifestants que les détonations des bombes lacrymogènes nous ont effrayés. Le gaz nous a suffoqués, même portes et fenêtres fermées », témoigne Finoana, un jeune résident du quartier. Les habitants ont été les spectateurs de l’arrivée massive et bruyante de ces transporteurs et commerçants. Débarqués à bord de véhicules bondés, ces derniers ont vandalisé un panneau de signalisation avant de paralyser l’axe routier à l’aide de trois barrages distincts : un tronc d’arbre abattu sur le bas-côté, des blocs de pierre et des pneus enflammés. La circulation est restée totalement figée pendant près de deux heures, provoquant des embouteillages kilométriques de part et d’autre.
« Nous avons tenté de négocier avec eux pour dégager la voie, mais ils ont refusé », déplore notre source.
Un dialogue de sourds
En amont, des policiers de la route en poste sur le Bypass avaient déjà tenté de raisonner les manifestants, alors que ces derniers roulaient vers Ambatofotsy avec des passagers dangereusement assis sur les porte-bagages. « Il est interdit de transporter des personnes sur les galeries », ont rappelé les agents aux conducteurs, ajoutant : « Il n’est pas nécessaire de semer le désordre pour se faire entendre. Le président de la République pourrait passer par ici sous peu, vous pouvez vous poster au bord de la route et lui présenter vos banderoles ».
Mais les transporteurs, noirs de colère, n’ont rien voulu entendre. « Nous avons déjà formulé nos requêtes dans le calme, mais nous n’avons pas été écoutés », a répliqué une manifestante. Pour eux, le blocage de la RN7 constituait l’ultime moyen de faire reculer l’État face à sa décision de fermer définitivement le site de Fasan’ny Karana. « Nous sommes nombreux à perdre notre emploi », ont-ils martelé.
La fracture s’explique aussi par le fait que les marchands ambulants et les courtiers ne sont pas tolérés dans la nouvelle enceinte. « Il est formellement interdit d’installer des marchands ambulants et des intermédiaires dans les environs, tout comme il est interdit d’y ériger des constructions en bois, des débits de boissons alcoolisées ou des maisons de passage », a communiqué hier le ministère des Transports aux maires des communes périphériques de la nouvelle gare.
Le ministère a toutefois précisé qu’il ne délogerait pas les commerçants installés historiquement à Fasan’ny Karana. « Ils sont autorisés à continuer leurs ventes sur place, sous réserve d’un accord avec le propriétaire privé du terrain. En revanche, tous les véhicules de transport en commun basés sur ce site doivent impérativement déménager à Amoronakona », a tranché le ministre, Herizo Ramanambola. Aucun retour en arrière n’est envisageable. « Nous venons de rencontrer les présidents des coopératives et leur avons fixé rendez-vous demain matin pour organiser les premiers départs », indique une source proche du dossier. Le président du comité de gestion de Fasan’ny Karana a d’ailleurs confirmé hier soir qu’à compter de ce jour, plus aucun départ ni aucune arrivée ne seraient tolérés sur l’ancien site.
Miangaly Ralitera

Tenez bon Monsieur le ministre des transports il ne faut céder face à ces agissements de « sauvages » . La liberté de circulation des biens et des personnes est un droit fondamental dans un état de droit . La démocratie n’est pas la chienlit. Bien que la récupération politique peut venir d’ici et ailleurs !
RépondreSupprimerIl y a des manifestants qui méritent la mort plus que d'autres ... suivant le gouvernement qui est en place. Merci Marco Echaffaud !!!
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