La production des centrales solaires d’Antananarivo est en baisse, directement impactée par la couverture nuageuse.
![]() |
| Les installations de la centrale solaire à Ambohidrano se poursuivent. |
À Ambohidrano Ilafy, la centrale n’a produit aucun électricité hier matin, ses équipements semblant à l’arrêt. « En fonctionnement normal, les batteries émettent un ronronnement audible. On ne devrait pas entendre ces bips qui signalent un défaut quelque part », explique un technicien. Cette interruption ne résulterait pas d’une panne technique, mais d’un facteur climatique.
« C’est ce temps maussade qui perturbe la charge. Les batteries disposent d’une autonomie limitée à environ 2 ou 3 heures. D’ordinaire, lorsque le réseau électrique est actif, elles se rechargent même par temps couvert. Or, le courant étant également coupé dans le quartier, elles ne se chargent plus du tout en ce moment », poursuit la même source. Dotée d’une capacité de 2 MW injectée dans le réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) depuis quelques mois, l’infrastructure affichait une production nulle hier, selon la Jirama.
De manière générale, le ciel chargé a entraîné une chute de rendement sur l’ensemble des sites alimentant la capitale. La centrale d’Ambatolampy, d’une puissance de 34 MW, n’a fourni que 13 MW. Celle de Mangatany (5 MW de capacité) a plafonné à 4,5 MW, tandis qu’Ampangabe n’a tourné qu’au quart de son potentiel (1,16 MW). Enfin, Ambatomirahavavy n’a tourné qu’à demi-régime, délivrant 650 kW.
Vraie solution
Ces baisses de régime surviennent dès que la météo se gâte. « Même si les centrales sont équipées de batteries, le stockage a ses limites, à l’image d’un téléphone portable. Lorsque la luminosité chute, les panneaux ne reçoivent plus le rayonnement nécessaire pour alimenter les accumulateurs », précise une source proche du dossier.
Bien que ces installations solaires soient raccordées au RIA pour atténuer les délestages, elles peinent à remplir leur rôle par mauvais temps. « Le solaire apporte une vraie solution, mais il ne peut assurer seul l’approvisionnement. L’idéal reste un système hybride combinant le photovoltaïque avec des centrales hydrauliques et thermiques », préconise un technicien. La Jirama prévoit néanmoins d’augmenter la part du solaire au sein du RIA.
Miangaly Ralitera
